À LA TÉLÉ – Une semaine consacrée aux forêts

Du dimanche 12 au samedi 25 janvier 2020, Arte propose une programmation spéciale, « Winter of Forests ». Documentaires, films et magazines s’intéressent aux multiples légendes sylvestres et laissent la parole aux habitants de ces espaces essentiels pour la survie de notre planète.

Du dimanche 12 au samedi 25 janvier 2020

Sur Arte

En janvier 2020, ARTE sillonne pendant deux semaines les forêts du monde entier. Documentaires, films et magazines s’intéressent aux multiples légendes sylvestres et laissent la parole aux habitants de ces espaces essentiels pour la survie de notre planète. Poumons de la terre, sources de légendes et refuges pour citadins stressés, depuis 350 millions d’années, les forêts jouent un rôle central dans l’histoire de l’humanité, tout en protégeant la biodiversité. Malgré leur exploitation intensive, un soupçon de légende plane aujourd’hui encore au-dessus de ces zones menacées par le changement climatique.

Au programme :

Du cinéma :
avec notamment Le Village avec Joaquin Phoenix, Gorilles dans la brume avec Sigourney Weaver, la comédie noire The Lobster, Tableau de chasse d’après le roman d’Olga Tokarczuk (Prix Nobel de littérature 2018) et Le nouveau monde de Terrence Malick dans le cadre d’une soirée dédiée au personnage historique de Pocahontas.

Et aussi des programmes documentaires et de fiction inédits :

Du 13 au 17 janvier à 17h45 : la série documentaire Sauvons nos forêts

Les 14, 15 et 16 janvier à 13h : 3 reportages inédits d’ARTE Regards

Le 15 janvier :
– à 22h25 : le documentaire Et l’homme créa la chasse
– à minuit : le film Bientôt les jours heureux

Le 17 janvier  :
– à 21h : la fiction À deux sous les étoiles
– à 23h35 : une édition spéciale de Tracks : Very Green Trip

Le 18 janvier  :
– à 15h30 : le documentaire Papouasie-Nouvelle-Guinée : Jim & Jean au secours du Kangourou Arboricole
– à 20h50 : le documentaire Le murmure de la forêt – Quand les arbres parlent
– à 22h20 : le documentaire Les forêts du Grand Nord

Le 20 janvier à 23h : le film Tableau de chasse

Le 22 janvier à 0h15 : le film Coeur de pierre

Le 25 janvier :
– à 17h05 : le documentaire Les mythes de la forêt de Teutobourg
– à 22h20 : le documentaire Aurores boréales – Des lumières fascinantes mais menaçantes
– à 23h45 : une édition spéciale de Square Idée : La forêt part en fumée

La programmation spéciale Winter of Forests est présentée par Yann Arthus-Bertrand. Connu notamment pour ses spectaculaires clichés en prise de vue aérienne (La Terre vue du ciel), le photographe français est également un fervent protecteur de l’environnement et le créateur de la fondation GoodPlanet.

Communiqué des associations organisatrices de la manifestation du 18 décembre

La réunion du Préfet fait pschitt

Succès pour la manifestation contre la réunion de propagande auprès des élus du Parc, finalement désertée par les élus et par le Préfet lui-même !

En effet, plus de 100 personnes ont répondu, en moins de 48 heures, à l’appel des associations du Morvan et ont organisé un concert de casseroles à la maison du Parc.

Le Préfet de région s’est dépensé sans compter depuis des mois pour refuser la moindre avancée aux élus et aux citoyens du Parc sur la question des coupes rases dans la nouvelle Charte. Aux cotés de la filière industrielle, il organisait aujourd’hui cette réunion « d’information » destinée aux maires de nos communes.

Averti par ses services de la présence probable de nombreux citoyens du Morvan, il a finalement courageusement délégué la mission à la Préfète de la Nièvre !

Nos élus n’ont pas été dupes du stratagème, et n’ont pas répondu au coup de com des enrésineurs relayé par le Préfet : à peine plus d’une dizaine se sont déplacés pour écouter le discours de la filière industrielle.

L’État et les Préfets se moquent des élus et des citoyens du Morvan en répondant par de la communication à un problème vital pour notre territoire, au bénéfice exclusif des gros propriétaires et de la filière industrielle.

Les industriels de la forêt nous manipulent depuis trop longtemps.

Face à la triple urgence, écologique, sociale et climatique, les associations du Morvan appellent nos élus à s’engager pour la défense de ce qu’il nous reste de forêt.

Nous exigeons l’ouverture d’une négociation sérieuse sur la régulation des coupes rases et l’encadrement des pratiques sylvicoles délétères pour l’environnement, le climat et l’attractivité de notre territoire.

URGENCE COUPES RASES dans le MORVAN

Le préfet convoque les élus

pour leur vendre la sylviculture industrielle dans le Morvan

Alors qu’il vient de refuser le moindre effort pour encadrer les coupes rases, nous venons d’apprendre que le préfet convoque les élus du Morvan en « réquisitionnant d’autorité » l’amphi du parc… la fête est finie ?

Accompagné des représentants de la filière, dont UNISYLVA (qui gère la parcelle où nous avons fait la manifestation du 17 novembre) et la Caisse des dépôts…(qui enrésine à tour de bras le Morvan depuis de nombreuses années) le préfet convoque les Maires membres du syndicat du Parc, sans inviter bien sûr aucune association !

Le préfet va probablement nous vendre des pseudo mesures pour calmer l’indignation des élus et des citoyens face à l’industrialisation grandissante de la gestion forestière du Morvan.

Mais comment ce préfet peut-il être crédible après la séquence que nous venons de vivre ?

En effet, ce même préfet s’est dépensé sans compter depuis des mois pour refuser la moindre avancée aux élus et aux citoyens du parc sur la question des coupes rases dans la nouvelle charte, en vue de mieux préserver les intérêts financiers des « enrésineurs » du Morvan.

Le préfet prend les élus pour des cruches et les citoyens pour partie négligeable, il invite « les sachants » de la filière (c’est comme ça qu’ils s’appellent eux-mêmes !) pour expliquer aux élus ce qu’il ne comprennent pas…

L’État et les industriels de la forêt nous baladent depuis trop longtemps dans le Morvan. Les séances d’enfumage avec les « enrésineurs », les financiers et les fossoyeurs de la biodiversité et des paysages ne peuvent plus être, ni comprises, ni admises par la population ni par les élus. Nous sommes maintenant dans l’urgence. L’urgence écologique, l’urgence sociale et l’urgence climatique, il serait temps de le comprendre. Sans un minimum de mesures contre les coupes rases, la discussion ne peut pas avoir lieu !

À nous de lui faire comprendre que ça suffit ! Venez nombreux et apportez de quoi faire un petit concert préfectoral de casseroles… ce qui rappellera quelques souvenirs à certains !

Rendez-vous devant l’amphi du parc
à St BRISSON
Mercredi 18 décembre à 14h

avec casseroles et cuiller en bois !

Quel avenir pour la forêt française ?

La France est très fière, et à juste titre, de son patrimoine forestier, qui la place au quatrième rang des pays européens par sa superficie forestière, derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne. Mais qu’en est-il de l’avenir de cette forêt dans le cadre de l’actuelle politique européenne en faveur de l’augmentation de la productivité, déclinée en France par le Plan d’Action Interministériel Forêt-Bois du 16 novembre 2018 ?

Partons d’un exemple régional, celui du Morvan, connu pour l’importance qu’y revêt la forêt, non seulement en termes de surface mais aussi en termes d’enjeux socio-économiques (Jouffroy-Bapicot, 2010), pour élargir ensuite le débat. Le Schéma Régional de Cohérence Écologique (SRCE) de la Région Bourgogne a fait l’objet d’un arrêté préfectoral en date du 6 mai 2015. Il fait le point sur les attentes de la région en matière de développement économique et préconise un certain nombre d’actions en faveur de la biodiversité, mais n’a pas un caractère contraignant.

La forêt morvandelle, qui couvre aujourd’hui la moitié de la superficie du Morvan, a subi depuis plusieurs siècles des mutations de très grande envergure, selon les aléas des besoins, en général totalement extérieurs à sa propre économie en raison de la très faible densité de population (15 habitants au km2). Les forêts du Morvan sont restées jusqu’à une époque très récente un produit que l’on pourrait qualifier de « colonial », essentiellement au profit de sociétés ou de particuliers n’habitant pas la région. D’où une certaine anarchie dans les objectifs économiques et bien entendu les pratiques qui leur sont liées, en raison d’une vision à très court-terme qui peut sembler un comble en matière de sylviculture et se retrouve aux antipodes du développement durable. Plantations de conifères (ou « résineux ») de même âge et taille, dites « équiennes », avec les coupes rases –c.-à-d. l’abattage de la totalité des arbres d’une parcelle- qui leur sont associées, cultures de sapins de Noël gourmandes de pesticides (cf. Fig.2 ci-dessous), forment aujourd’hui une part essentielle du paysage morvandeau.

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Une pluie de glyphosate sur la forêt acadienne

Des dizaines de milliers de kilogrammes de glyphosate, le principal ingrédient du Roundup soupçonné d’être un cancérigène probable, sont pulvérisés chaque année sur la forêt riche et diversifiée du Nouveau-Brunswick. Ceux qui s’opposent à cette pratique de l’industrie forestière en paient parfois le prix, selon des informations de l’émission Enquête.

Une plantation de conifères au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada

La vue est saisissante. 

Le long de la route 180 qui traverse le comté de Restigouche, au nord du Nouveau-Brunswick, se dresse la silhouette parfaitement régulière des plantations de conifères. 

La recette du succès? La pulvérisation d’un phytocide à base de glyphosate, utilisé largement sur les plantations de pin et d’épinette, une précieuse ressource pour l’industrie qui constitue un des piliers de l’économie de la province.

Le phytocide, dont l’ingrédient actif est le même que celui du Roundup, empêche la repousse des espèces feuillues de la forêt acadienne, qui tentent vigoureusement de reprendre leurs droits sur les terres coupées à blanc.

Au Nouveau-Brunswick, l’industrie forestière effectue principalement des coupes à blanc sur les terres publiques.

Photo : Radio-Canada / Gil Shochat

Et c’est là un autre motif de discorde : 80 % de la récolte forestière sur les terres publiques du Nouveau-Brunswick est faite par coupe à blanc.

« Le but d’une industrie, c’est de faire des profits et on sent que c’est peut-être à n’importe quel prix », souligne Francine Lévesque, membre du groupe Écovie. Elle vit à Kedgwick, au confluent de la rivière Restigouche, une des plus belles rivières à saumon du monde. La région a été l’une des plus arrosées de 2013 à 2017, selon le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick.

L’article complet :

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1398264/glyphosate-foret-nouveau-brunswick

STOP aux coupes rases

Le dimanche 17 novembre, 550 personnes se sont réunies sur une parcelle de forêt privée à Dun-les-Places, récemment défrichée, pour dénoncer les coupes rases dans le Morvan. Vu du ciel, ils ont formé un STOP géant.

Depuis une dizaine d’années, les coupes rases se multiplient et entrainent une disparition des forêts naturelles de feuillus (chênes, hêtres…) au profit de monocultures de douglas. Ces pratiques entrainent une transformation des paysages, une dégradation des sols, une érosion de la biodiversité et affaiblissent la capacité de stockage de carbone des écosystèmes forestiers.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur de Canopée : « Ce qui se passe aujourd’hui dans le Morvan est une alerte pour l’avenir des forêts. Partout en France, de plus en plus de citoyens, d’associations et surtout de forestiers refusent cette industrialisation de la forêt. Cette action marque le lancement d’une campagne nationale pour mettre fin aux coupes rases».

Face à ce phénomène, la contestation citoyenne est de plus en plus forte. Dans le cadre de la révision du parc naturel régional du Morvan, les élus locaux se sont engagés dans un bras de fer avec l’État pour tenter de réguler ces pratiques.

Au nom d’une commission d’enquête parlementaire et citoyenne sur les forêts, la députée Mathilde Panot a participé à cette action ainsi qu’à une visite de terrain et à une audition des acteurs locaux sur les forêts au café associatif « Le Carrouège » à Vauclaix le samedi 16 novembre 2019.

Plus de 18 000 personnes, soutenues par 28 associations nationales et locales, ont interpellé par une pétition Mme Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique pour lui demander de mettre en œuvre des actions rapides, et de faire évoluer le droit forestier pour mieux prendre en compte les attentes des citoyens. 

Des demandes qui sont, pour l’instant, sans réponse.

Voir le dossier de presse complet sur le site de Canopée :

https://www.canopee-asso.org/une-action-geante-pour-denoncer-les-coupes-rases-dans-le-morvan/?fbclid=IwAR2WkNzpjBKlPJ_UPQgRa3Bg56dBO-pEOtrkHbO-KOIEZCMxMY-5SqLwdHQ

Le Parc national des forêts : un nouveau venu dans un paysage sinistré

Événement rare : un onzième parc national est créé jeudi 7 novembre, afin de protéger les forêts de Champagne et Bourgogne. Mais pour donner des moyens au nouveau venu, on en prend aux parcs déjà existants, alertent les syndicats et présidents de parcs nationaux.

C’est le 11e parc national, le premier créé en plaine et dédié aux forêts de feuillus, celui situé le plus au nord en France et le plus proche de Paris. Ce jeudi 7 novembre est publié le décret de création du Parc national des forêts de Champagne et Bourgogne, qui protège désormais une partie du plateau de Langres, entre la Haute-Marne et la Côte d’Or.

« En France, seules 30 % des forêts actuelles étaient déjà boisées au moment de la Révolution française. Dans le parc, 80 % des surfaces forestières l’étaient. Les écosystèmes sont très préservés. Par ailleurs, il n’y a pas de grandes infrastructures qui fragmentent le territoire », explique à Reporterre Hervé Parmentier, directeur du groupement d’intérêt public chargé de préparer la création du parc.

« Nous allons ré-ensauvager la forêt, créer une réserve intégrale de 3.100 hectares »

Certains marais à l’écosystème particulier abritent « une abondante flore à caractère montagnard ou boréal », vante le parc, qui égrène des noms qui titillent l’imaginaire du néophyte : Choin ferrugineux, Swertie pérenne, Linaigrette ou Ligulaire de Sibérie…

« Nous allons ré-ensauvager la forêt », s’enthousiasme M. Parmentier. « Nous allons créer une réserve intégrale de 3.100 hectares de forêt que nous n’exploiterons pas. Nous allons la laisser évoluer librement et observer. »

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Carte blanche: «Quels arbres pour la forêt de demain?»

17 scientifiques et académiques de la Fédération Wallonie – Bruxelles cosignent cette carte blanche pour alerter sur les risques de destruction de l’écosystème des forêts wallonnes par l’introduction massive d’espèces végétales exotiques.

Changements climatiques, émergence de nouveaux pathogènes, insectes ravageurs, dépérissement progressif : la forêt wallonne est indubitablement en crise. Face à ce constat inquiétant, une solution souvent présentée aux gestionnaires forestiers consiste à introduire en forêt de nouvelles espèces d’arbres originaires d’autres continents et mieux adaptées au climat chaud qui nous attend. Il s’agirait de « ré-enrichir » la forêt européenne, qui serait trop pauvre pour surmonter cette crise.

Nous pensons que cette solution ne doit pas être un axe prioritaire de l’adaptation des forêts aux changements globaux car chaque introduction d’espèce exotique présente des risques sanitaires, d’invasion et de dérèglement de l’écosystème.

Lire aussi Grand format – En Wallonie, la forêt de demain est testée en grandeur nature

Préserver les facteurs de stabilité

En effet, une forêt n’est pas une simple juxtaposition d’arbres. Son bon fonctionnement, notamment sa capacité à réagir aux maladies, ravageurs et aléas climatiques, dépend de la diversité des interactions qui existent au sein de l’écosystème. Chaque espèce d’arbre possède son cortège d’espèces associées, parfois très spécialisées (micro-organismes, champignons, lichens, insectes, oiseaux, etc.), qui interagissent pour assurer une certaine stabilité aux forêts. Pour continuer à jouer son rôle dans la résilience des forêts, cette diversité d’espèces et d’interactions, qui s’est formée pendant des millénaires au sein de l’écosystème, doit être préservée avec prudence par les gestionnaires forestiers.

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Pas de Center Parcs au Rousset (en Bourgogne)

Signez la pétition :

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/pasdecenterparcsauroussetbourgogne-3332.html

Pourquoi il ne faut pas construire de Center Parcs au Rousset

Dans la foulée de la décision des juges administratifs de rendre le PLU applicable, des élus locaux dont en particulier le Maire du Rousset-Marizy ont entrepris de relancer le projet. Ils tentent de ranimer les discussions avec Pierre & Vacances en pressant le promoteur de tenir sa promesse de finaliser les dossiers lorsque les « risques juridiques » seraient éteints et d’enfin prendre la décision de bâtir au coeur de la forêt la « bulle aquatique » (Aquamundo) et ses quatre cents bungalows/cottages.

Il apparaît donc nécessaire de rappeler aux élus de Saône et Loire et de Bourgogne Franche-Comté quelle aberration serait un renouvellement de leur implication dans cette affaire.

Encore plus en 2019 qu’en 2015 (lorsque le projet a été débattu publiquement) les conditions dans lesquelles il se présente sont très défavorables et décalées par rapport à l’intérêt public :
–  La crise climatique, les sécheresses et canicules s’amplifient et font apparaître de plus en plus clairement que les ressources naturelles, l’eau et la forêt en particulier, ne peuvent et ne doivent plus être sacrifiées sur l’autel d’un aléatoire développement économique aux effets dévastateurs sur l’environnement naturel et la biodiversité.
 Le promoteur Pierre & Vacances est un « pseudo-colosse » aux pieds d’argiles. L’entreprise enchaîne depuis 2011 des exercices déficitaires tout en continuant à promettre un redressement pour l’année suivante. Sa Direction est chancelante tant le Président fondateur rechigne à passer la main et à assurer la pérennité de l’entreprise. Son développement en Chine est gravement perturbé par les difficultés que rencontre son (ex)associé HNA.
–  Les finances publiques et tout spécialement celles des collectivités locales sont de plus en plus serrées et interdisent aux élus de financer à perte des grands projets inutiles quand dans le même temps les besoins vitaux de la population ont tant de mal à être satisfaits ; en témoignent les services publics qui s’éloignent, le tissu associatif qui périclite, les petits investisseurs ancrés dans le tissu local qui voient les aides et subventions fondre d’années en années.

Nous développerons ces trois points à l’attention des élus qui pourraient être conduits, par distraction ou par trop grande confiance dans le discours des lobbyistes du tourisme de masse, à signer candidement des conventions qui engageraient le Département ou la Région à subvenir aux besoins de financement du promoteur dans sa course en avant bétonneuse.

Auparavant précisons que nous comprenons bien que dans la toute proximité d’un Center Parcs certaines retombées économiques se font sentir qui motivent fortement certains élus locaux … surtout en période pré-électorale. Une sorte de petit « ruissellement local » accompagne automatiquement l’installation d’un Center Parcs sous forme d’amélioration des réseaux et voieries proches, de finances en hausse pour la commune et la communauté de communes, de quelques profits pour les propriétaires qui hébergent des employés du centre touristique ou encore, par exemple, pour qui vend du carburant.
Ces maigres avantages sont à mettre en regard de l’impact global négatif de l’équipement sur les finances de l’ensemble du Département et de la Région et – surtout – sur le milieu naturel gravement affecté localement et plus largement par ses effets prédateurs sur les ressources en eau.

Center Parcs ou la protection de l’environnement, il faut choisir.

Il serait incompréhensible que des élus qui se déclarent soucieux de la protection des équilibres écologiques (cf. les déclarations du VP au tourisme de la Région BFC le 08/03/19) ne fasse pas le constat du caractère tout à fait anachronique d’un Center Parcs.
Son modèle est construit à l’encontre de toutes les préoccupations qui montent ces dernières années :
 Économies d’énergies : une énorme structure de métal et de verre est maintenue à une température constante (29°C) toute l’année qu’il gèle ou que la canicule règne à l’extérieur (plus de 60 000m3 d’air à traiter à un instant donné). Une dépense énergétique qui comptait peu quand le concept a été élaboré (1980) mais insupportable quand tout un chacun est invité à lutter contre les gaspillages de calories.

–  Dépenses en eau : piscines et toboggans à gogo entraînent une consommation de milliers de m3 (près de 500m3 /jour prévus au Rousset) d’eau dans un secteur qui enchaîne les pénuries dues aux sécheresses. Peut-on longtemps envisager d’attirer des milliers de personnes qui se baigneraient au milieu d’un vaste secteur où les habitants et les agriculteurs sont contraints années après années dans leur vie quotidienne par des arrêtés préfectoraux restreignant l’usage de l’eau.
–  Transports : les Center Parcs fonctionnent via un mouvement pendulaire de milliers de véhicules hebdomadaires dont la plupart effectuent plusieurs heures de route. Loin des « transports doux » vantés sur place le séjour moyen d’un client de Center Parcs est désastreux sur le plan du bilan carbone. De plus, face aux risques de taux de remplissage insuffisant Pierre & Vacances déclare vouloir se tourner vers le tourisme international : sans « honte » l’entreprise prévoit d’ajouter le kérosène des charters chinois aux cohortes de voitures sur les routes.
–  Zones humides : contrairement aux déclarations fréquentes des supporters du projet, celui-ci ne concerne pas qu’une zone de résineux mais comprend plus de quinze hectares de zone mixte feuillus/résineux qui constituent une zone humide en tête du bassin versant de l’Arconce. La détruire en imperméabilisant ses sols serait un non-sens à l’heure où la préservation des équilibres naturels est sensée être une priorité et une urgence.
–  Zone Natura 2000 : les juges administratifs ont considéré que les protections inscrites sur le papier du PLU sont suffisantes pour que la zone protégée par ce statut, à proximité immédiate de l’éventuel Center Parcs ne subisse pas de dommages. La protection effective des habitats d’espèces protégées qui s’y trouvent – en particulier la Cistude d’Europe – ne pourra se satisfaire de bonnes intentions couchées sur le papier.

D’autres recours seraient à coup sûr nécessaires à propos de leur mise en ½uvre effective si des centaines de touristes venaient à envahir la zone, comme cela semble être le souhait tenace de la municipalité actuelle chez qui l’idée de développement touristico-commercial supplante de loin la notion de préservation de la biodiversité.

Sur tous ces aspects de la protection environnementale, de la lutte contre la crise climatique, les discours se multiplient ; la plupart des élus font désormais couramment part de leurs motivations très écologiques. Ils doivent savoir que compte tenu des caractéristiques fortement anti-écologiques d’un Center Parcs, soutenir et/ou subventionner Pierre et Vacances pour son projet en Saône et Loire ne pourrait conduire qu’à accroître la méfiance citoyenne vis-à-vis d’actes en contradiction avec les discours.

Ce n’est pas le rôle des collectivités locales de suppléer aux difficultés financières de « l’investisseur »

En réalité dans ce cas, le terme d’investisseur est largement usurpé par Pierre et Vacances (P&V) puisque sa stratégie consiste à faire financer par le contribuable les équipements qu’il compte exploiter ensuite pendant un long bail d’une sorte de location-gérance. Les accords signés avec le Département et la Région en 2014 organisaient un montage où les collectivités devaient financer l’intégralité des équipements de loisirs ainsi que les aménagements de réseau et voierie pour un total de l’ordre de 80 Millions d’Euros.

Ces accords sont heureusement devenus caduques en raison des atermoiements de Pierre et Vacances devant l’opposition rencontrée après la présentation de son projet et par le fait que la Région Bourgogne qui en était signataire n’existe plus depuis début 2016.
Heureusement, car le partenaire que ces entités s’étaient décidées à soutenir financièrement en s’endettant elles-mêmes sur vingt ans n’est pas en bonne santé :
–  Pierre et Vacances accumule les pertes depuis 2011. En 2015 nous signalions aux élus les trois exercices déficitaires consécutifs des années précédentes (102 M¤ de pertes). Le cumul des pertes des sept derniers exercices, tous déficitaires, se monte aujourd’hui à 225 M¤ (auxquels il faut ajouter le déficit de 121 M¤ du dernier semestre publié récemment). Invariablement P&V indique que sa situation s’améliore et va s’améliorer encore.
–  Le renforcement économique attendu par le promoteur a longtemps reposé sur l’entrée à son capital d’un investisseur chinois, le groupe de tourisme international HNA. Celui-ci a en effet passé avec P&V en 2016 des accords de partenariats concernant aussi bien la France que l’Asie et a pris une participation minoritaire (10%) destinée à augmenter dans le futur. Hélas, les vents de l’économie sont changeants et dès 2018 HNA très endetté a été contraint de se retirer du capital de P&V la laissant revenir à son statut d’entreprise familiale.
– Celle-ci est essentiellement contrôlée par son président fondateur désormais âgé de plus de 80 ans et dont la présence est toujours effective. Considéré comme un précurseur du développement touristique de masse dans les années 60-70, il a porté l’entreprise à son niveau actuel en s’appuyant sur son lobbying constant auprès des élus et gouvernants successifs. Son entregent lui a permis d’intervenir sur des mesures de défiscalisation particulièrement intéressantes pour ses clients (Périssol, Censi-Bouvard, …). Cependant « la grande époque » de Gérard Brémond touche à sa fin alors qu’il s’est montré incapable de passer la main et d’assurer le futur de l’entreprise en mettant en place une gouvernance pérenne. P&V connait de longue date la valse de ses Directeurs à tel point que même le fils du fondateur M. Olivier Brémond nommé DG en septembre 2018 n’est resté en poste que dix mois avant d’être remplacé par un nouveau Directeur Général en juillet dernier.
La fragilité capitalistique de l’entreprise est telle qu’il est de toute évidence particulièrement hasardeux de la part des élus de s’engager avec elle sur du long terme (amortissement de l’investissement sur 20 ans prévu dans le protocole d’accord de 2014). Qui pourrait comprendre que l’argent de l’impôt soit mis à contribution dans ces conditions pour apporter les financements que l’entreprise privée porteuse du projet ne peut ou ne veut pas apporter elle-même ?

L’illusion du développement local sur la base d’un grand projet importé clés en mains

Les attentes liées à un projet tel que la construction puis l’exploitation d’un Center Parcs sont nombreuses et c’est une facilité pour le décideur local que d’y succomber en sachant que si un jour un bilan est tiré du projet dans la durée, il ne sera vraisemblablement plus aux manettes pour assumer sa responsabilité.
Pierre et Vacances est un parfait vendeur d’illusions.

D’un côté, l’illusion que le touriste trouvera dans le Charolais un bout de nature tropicale. De l’autre côté, l’illusion que le conseiller municipal, départemental ou régional sauverait en finançant le parc, un territoire du marasme qui lui était promis.

Cette vision soigneusement « marketée » par les équipes du promoteur ne correspond pourtant pas à la réalité des besoins et des capacités du département.
–  Sur le plan touristique, il s’agirait d’un accaparement des qualités intrinsèques de ce secteur riche de vrais espaces naturels riches de leurs paysages, de leur flore et faune … et de leurs habitants. Le tourisme doux et respectueux de l’environnement doit être développé et non pas détourné vers une illusion de nature artificialisée sous sa bulle climatisée.
–  Sur le plan du développement économique et de l’emploi, la concentration de tant de moyens affectés à la seule zone du Rousset serait une réponse très insuffisante aux besoins de soutien qu’émettent les nombreux acteurs locaux répartis de façon diffuse dans tous les secteurs du département. On sait de longue date que beaucoup des emplois liés aux Center Parcs sont de basse qualité, occasionnent un fort turn- over et n’ont finalement aucun impact sur le taux de chômage local. A budget égal, les investissements des collectivités destinés à favoriser l’emploi seront plus efficaces s’ils visent à soutenir les entreprises à taille humaine mieux ancrées dans le territoire.
– L’exemple du Centre de Santé Départemental 71 montre, entre autres, que c’est par des efforts de compréhension et d’adaptation aux besoins réels de la population que des solutions valables peuvent être imaginées et mises en place.
La validation du projet de Center Parcs serait à l’antithèse de cette démarche en acceptant de financer tel quel un projet privé posé comme une verrue sur les collines du charolais sans aucun rapport avec les besoins des habitants du 71.
Sur la base de ces constats il nous semblerait absurde que les conseils régional (CR BFC) et départemental (CD71) s’inscrivent dans les traces du Maire de la commune du Rousset lorsqu’il réclame à cor et à cris la relance de négociations avec Pierre et Vacances et qu’il pousse l’entreprise à déposer de nouveau son projet.
En tout état de cause, les citoyens et leurs associations et collectifs hostiles au projet restent attentifs aux décisions qui pourraient être prises par leurs élus et sont toujours extrêmement motivés pour éviter la gabegie annoncée il y a maintenant plus de cinq ans.
https://ecologicaction71.fr/wp-content/uploads/2019/09/20190907-Lettre-aux-élus-SCA.pdf  

« Tout ce que vous voulez savoir sur le Center Parcs et que vous n’avez jamais réussi à demander »
Le Collectif du Geai du Rousset
http://centerparc-le-rousset.org  

Projet Center Parcs du Rousset L’intervention préfectorale pour bloquer l’inventaire ZNIEFF en forêt du Rousset
https://reporterre.net/IMG/pdf/cp-znieff-sca-dossier-presse-12fev18.pdf  

Un garde forestier assassiné en Roumanie

Article de Reporterre :

Un garde forestier de la région du Maramures, en Roumanie, a été tué mercredi 16 octobre 2019 probablement par des voleurs de bois, rapporte la BBC. En un mois, c’est le deuxième assassinat. En septembre dernier, un autre garde forestier, près de Pascani, dans le nord-est du pays, avait été retrouvé mort dans sa voiture, à proximité d’une coupe illégale de bois.

Depuis le début de l’année 2019, seize cas d’agression ont été recensés contre des employés de Romsilva — la société nationale de gestion des forêts en Roumanie. La situation se tend alors que le vol de bois augmente et envahit le marché européen pour fournir du bois énergie et de l’aggloméré. La branche roumaine de Greenpeace estime que le pays perd trois hectares de forêt par heure en raison de l’abattage légal et illégal d’arbres, y compris dans ses forêts anciennes.

En septembre 2019, trois ONG ont déposé plainte auprès de la Commission européenne contre le gouvernement roumain, alléguant que ses pratiques d’exploitation forestière contrevenaient à la législation de l’Union européenne sur la protection de la nature, et que ses efforts étaient insuffisants pour lutter contre l’exploitation forestière illégale. Ces dernières années, six gardes forestiers ont été assassinés en Roumanie, rappelle la BBC.

Signez la pétition :

https://act.wemove.eu/campaigns/garde-forestier-roumain-justice-pour-liviu-pop

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