Quel avenir pour la forêt française ?

La France est très fière, et à juste titre, de son patrimoine forestier, qui la place au quatrième rang des pays européens par sa superficie forestière, derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne. Mais qu’en est-il de l’avenir de cette forêt dans le cadre de l’actuelle politique européenne en faveur de l’augmentation de la productivité, déclinée en France par le Plan d’Action Interministériel Forêt-Bois du 16 novembre 2018 ?

Partons d’un exemple régional, celui du Morvan, connu pour l’importance qu’y revêt la forêt, non seulement en termes de surface mais aussi en termes d’enjeux socio-économiques (Jouffroy-Bapicot, 2010), pour élargir ensuite le débat. Le Schéma Régional de Cohérence Écologique (SRCE) de la Région Bourgogne a fait l’objet d’un arrêté préfectoral en date du 6 mai 2015. Il fait le point sur les attentes de la région en matière de développement économique et préconise un certain nombre d’actions en faveur de la biodiversité, mais n’a pas un caractère contraignant.

La forêt morvandelle, qui couvre aujourd’hui la moitié de la superficie du Morvan, a subi depuis plusieurs siècles des mutations de très grande envergure, selon les aléas des besoins, en général totalement extérieurs à sa propre économie en raison de la très faible densité de population (15 habitants au km2). Les forêts du Morvan sont restées jusqu’à une époque très récente un produit que l’on pourrait qualifier de « colonial », essentiellement au profit de sociétés ou de particuliers n’habitant pas la région. D’où une certaine anarchie dans les objectifs économiques et bien entendu les pratiques qui leur sont liées, en raison d’une vision à très court-terme qui peut sembler un comble en matière de sylviculture et se retrouve aux antipodes du développement durable. Plantations de conifères (ou « résineux ») de même âge et taille, dites « équiennes », avec les coupes rases –c.-à-d. l’abattage de la totalité des arbres d’une parcelle- qui leur sont associées, cultures de sapins de Noël gourmandes de pesticides (cf. Fig.2 ci-dessous), forment aujourd’hui une part essentielle du paysage morvandeau.

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Une pluie de glyphosate sur la forêt acadienne

Des dizaines de milliers de kilogrammes de glyphosate, le principal ingrédient du Roundup soupçonné d’être un cancérigène probable, sont pulvérisés chaque année sur la forêt riche et diversifiée du Nouveau-Brunswick. Ceux qui s’opposent à cette pratique de l’industrie forestière en paient parfois le prix, selon des informations de l’émission Enquête.

Une plantation de conifères au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada

La vue est saisissante. 

Le long de la route 180 qui traverse le comté de Restigouche, au nord du Nouveau-Brunswick, se dresse la silhouette parfaitement régulière des plantations de conifères. 

La recette du succès? La pulvérisation d’un phytocide à base de glyphosate, utilisé largement sur les plantations de pin et d’épinette, une précieuse ressource pour l’industrie qui constitue un des piliers de l’économie de la province.

Le phytocide, dont l’ingrédient actif est le même que celui du Roundup, empêche la repousse des espèces feuillues de la forêt acadienne, qui tentent vigoureusement de reprendre leurs droits sur les terres coupées à blanc.

Au Nouveau-Brunswick, l’industrie forestière effectue principalement des coupes à blanc sur les terres publiques.

Photo : Radio-Canada / Gil Shochat

Et c’est là un autre motif de discorde : 80 % de la récolte forestière sur les terres publiques du Nouveau-Brunswick est faite par coupe à blanc.

« Le but d’une industrie, c’est de faire des profits et on sent que c’est peut-être à n’importe quel prix », souligne Francine Lévesque, membre du groupe Écovie. Elle vit à Kedgwick, au confluent de la rivière Restigouche, une des plus belles rivières à saumon du monde. La région a été l’une des plus arrosées de 2013 à 2017, selon le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick.

L’article complet :

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1398264/glyphosate-foret-nouveau-brunswick

STOP aux coupes rases

Le dimanche 17 novembre, 550 personnes se sont réunies sur une parcelle de forêt privée à Dun-les-Places, récemment défrichée, pour dénoncer les coupes rases dans le Morvan. Vu du ciel, ils ont formé un STOP géant.

Depuis une dizaine d’années, les coupes rases se multiplient et entrainent une disparition des forêts naturelles de feuillus (chênes, hêtres…) au profit de monocultures de douglas. Ces pratiques entrainent une transformation des paysages, une dégradation des sols, une érosion de la biodiversité et affaiblissent la capacité de stockage de carbone des écosystèmes forestiers.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur de Canopée : « Ce qui se passe aujourd’hui dans le Morvan est une alerte pour l’avenir des forêts. Partout en France, de plus en plus de citoyens, d’associations et surtout de forestiers refusent cette industrialisation de la forêt. Cette action marque le lancement d’une campagne nationale pour mettre fin aux coupes rases».

Face à ce phénomène, la contestation citoyenne est de plus en plus forte. Dans le cadre de la révision du parc naturel régional du Morvan, les élus locaux se sont engagés dans un bras de fer avec l’État pour tenter de réguler ces pratiques.

Au nom d’une commission d’enquête parlementaire et citoyenne sur les forêts, la députée Mathilde Panot a participé à cette action ainsi qu’à une visite de terrain et à une audition des acteurs locaux sur les forêts au café associatif « Le Carrouège » à Vauclaix le samedi 16 novembre 2019.

Plus de 18 000 personnes, soutenues par 28 associations nationales et locales, ont interpellé par une pétition Mme Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique pour lui demander de mettre en œuvre des actions rapides, et de faire évoluer le droit forestier pour mieux prendre en compte les attentes des citoyens. 

Des demandes qui sont, pour l’instant, sans réponse.

Voir le dossier de presse complet sur le site de Canopée :

https://www.canopee-asso.org/une-action-geante-pour-denoncer-les-coupes-rases-dans-le-morvan/?fbclid=IwAR2WkNzpjBKlPJ_UPQgRa3Bg56dBO-pEOtrkHbO-KOIEZCMxMY-5SqLwdHQ

Le Parc national des forêts : un nouveau venu dans un paysage sinistré

Événement rare : un onzième parc national est créé jeudi 7 novembre, afin de protéger les forêts de Champagne et Bourgogne. Mais pour donner des moyens au nouveau venu, on en prend aux parcs déjà existants, alertent les syndicats et présidents de parcs nationaux.

C’est le 11e parc national, le premier créé en plaine et dédié aux forêts de feuillus, celui situé le plus au nord en France et le plus proche de Paris. Ce jeudi 7 novembre est publié le décret de création du Parc national des forêts de Champagne et Bourgogne, qui protège désormais une partie du plateau de Langres, entre la Haute-Marne et la Côte d’Or.

« En France, seules 30 % des forêts actuelles étaient déjà boisées au moment de la Révolution française. Dans le parc, 80 % des surfaces forestières l’étaient. Les écosystèmes sont très préservés. Par ailleurs, il n’y a pas de grandes infrastructures qui fragmentent le territoire », explique à Reporterre Hervé Parmentier, directeur du groupement d’intérêt public chargé de préparer la création du parc.

« Nous allons ré-ensauvager la forêt, créer une réserve intégrale de 3.100 hectares »

Certains marais à l’écosystème particulier abritent « une abondante flore à caractère montagnard ou boréal », vante le parc, qui égrène des noms qui titillent l’imaginaire du néophyte : Choin ferrugineux, Swertie pérenne, Linaigrette ou Ligulaire de Sibérie…

« Nous allons ré-ensauvager la forêt », s’enthousiasme M. Parmentier. « Nous allons créer une réserve intégrale de 3.100 hectares de forêt que nous n’exploiterons pas. Nous allons la laisser évoluer librement et observer. »

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Carte blanche: «Quels arbres pour la forêt de demain?»

17 scientifiques et académiques de la Fédération Wallonie – Bruxelles cosignent cette carte blanche pour alerter sur les risques de destruction de l’écosystème des forêts wallonnes par l’introduction massive d’espèces végétales exotiques.

Changements climatiques, émergence de nouveaux pathogènes, insectes ravageurs, dépérissement progressif : la forêt wallonne est indubitablement en crise. Face à ce constat inquiétant, une solution souvent présentée aux gestionnaires forestiers consiste à introduire en forêt de nouvelles espèces d’arbres originaires d’autres continents et mieux adaptées au climat chaud qui nous attend. Il s’agirait de « ré-enrichir » la forêt européenne, qui serait trop pauvre pour surmonter cette crise.

Nous pensons que cette solution ne doit pas être un axe prioritaire de l’adaptation des forêts aux changements globaux car chaque introduction d’espèce exotique présente des risques sanitaires, d’invasion et de dérèglement de l’écosystème.

Lire aussi Grand format – En Wallonie, la forêt de demain est testée en grandeur nature

Préserver les facteurs de stabilité

En effet, une forêt n’est pas une simple juxtaposition d’arbres. Son bon fonctionnement, notamment sa capacité à réagir aux maladies, ravageurs et aléas climatiques, dépend de la diversité des interactions qui existent au sein de l’écosystème. Chaque espèce d’arbre possède son cortège d’espèces associées, parfois très spécialisées (micro-organismes, champignons, lichens, insectes, oiseaux, etc.), qui interagissent pour assurer une certaine stabilité aux forêts. Pour continuer à jouer son rôle dans la résilience des forêts, cette diversité d’espèces et d’interactions, qui s’est formée pendant des millénaires au sein de l’écosystème, doit être préservée avec prudence par les gestionnaires forestiers.

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Pas de Center Parcs au Rousset (en Bourgogne)

Signez la pétition :

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/pasdecenterparcsauroussetbourgogne-3332.html

Pourquoi il ne faut pas construire de Center Parcs au Rousset

Dans la foulée de la décision des juges administratifs de rendre le PLU applicable, des élus locaux dont en particulier le Maire du Rousset-Marizy ont entrepris de relancer le projet. Ils tentent de ranimer les discussions avec Pierre & Vacances en pressant le promoteur de tenir sa promesse de finaliser les dossiers lorsque les « risques juridiques » seraient éteints et d’enfin prendre la décision de bâtir au coeur de la forêt la « bulle aquatique » (Aquamundo) et ses quatre cents bungalows/cottages.

Il apparaît donc nécessaire de rappeler aux élus de Saône et Loire et de Bourgogne Franche-Comté quelle aberration serait un renouvellement de leur implication dans cette affaire.

Encore plus en 2019 qu’en 2015 (lorsque le projet a été débattu publiquement) les conditions dans lesquelles il se présente sont très défavorables et décalées par rapport à l’intérêt public :
–  La crise climatique, les sécheresses et canicules s’amplifient et font apparaître de plus en plus clairement que les ressources naturelles, l’eau et la forêt en particulier, ne peuvent et ne doivent plus être sacrifiées sur l’autel d’un aléatoire développement économique aux effets dévastateurs sur l’environnement naturel et la biodiversité.
 Le promoteur Pierre & Vacances est un « pseudo-colosse » aux pieds d’argiles. L’entreprise enchaîne depuis 2011 des exercices déficitaires tout en continuant à promettre un redressement pour l’année suivante. Sa Direction est chancelante tant le Président fondateur rechigne à passer la main et à assurer la pérennité de l’entreprise. Son développement en Chine est gravement perturbé par les difficultés que rencontre son (ex)associé HNA.
–  Les finances publiques et tout spécialement celles des collectivités locales sont de plus en plus serrées et interdisent aux élus de financer à perte des grands projets inutiles quand dans le même temps les besoins vitaux de la population ont tant de mal à être satisfaits ; en témoignent les services publics qui s’éloignent, le tissu associatif qui périclite, les petits investisseurs ancrés dans le tissu local qui voient les aides et subventions fondre d’années en années.

Nous développerons ces trois points à l’attention des élus qui pourraient être conduits, par distraction ou par trop grande confiance dans le discours des lobbyistes du tourisme de masse, à signer candidement des conventions qui engageraient le Département ou la Région à subvenir aux besoins de financement du promoteur dans sa course en avant bétonneuse.

Auparavant précisons que nous comprenons bien que dans la toute proximité d’un Center Parcs certaines retombées économiques se font sentir qui motivent fortement certains élus locaux … surtout en période pré-électorale. Une sorte de petit « ruissellement local » accompagne automatiquement l’installation d’un Center Parcs sous forme d’amélioration des réseaux et voieries proches, de finances en hausse pour la commune et la communauté de communes, de quelques profits pour les propriétaires qui hébergent des employés du centre touristique ou encore, par exemple, pour qui vend du carburant.
Ces maigres avantages sont à mettre en regard de l’impact global négatif de l’équipement sur les finances de l’ensemble du Département et de la Région et – surtout – sur le milieu naturel gravement affecté localement et plus largement par ses effets prédateurs sur les ressources en eau.

Center Parcs ou la protection de l’environnement, il faut choisir.

Il serait incompréhensible que des élus qui se déclarent soucieux de la protection des équilibres écologiques (cf. les déclarations du VP au tourisme de la Région BFC le 08/03/19) ne fasse pas le constat du caractère tout à fait anachronique d’un Center Parcs.
Son modèle est construit à l’encontre de toutes les préoccupations qui montent ces dernières années :
 Économies d’énergies : une énorme structure de métal et de verre est maintenue à une température constante (29°C) toute l’année qu’il gèle ou que la canicule règne à l’extérieur (plus de 60 000m3 d’air à traiter à un instant donné). Une dépense énergétique qui comptait peu quand le concept a été élaboré (1980) mais insupportable quand tout un chacun est invité à lutter contre les gaspillages de calories.

–  Dépenses en eau : piscines et toboggans à gogo entraînent une consommation de milliers de m3 (près de 500m3 /jour prévus au Rousset) d’eau dans un secteur qui enchaîne les pénuries dues aux sécheresses. Peut-on longtemps envisager d’attirer des milliers de personnes qui se baigneraient au milieu d’un vaste secteur où les habitants et les agriculteurs sont contraints années après années dans leur vie quotidienne par des arrêtés préfectoraux restreignant l’usage de l’eau.
–  Transports : les Center Parcs fonctionnent via un mouvement pendulaire de milliers de véhicules hebdomadaires dont la plupart effectuent plusieurs heures de route. Loin des « transports doux » vantés sur place le séjour moyen d’un client de Center Parcs est désastreux sur le plan du bilan carbone. De plus, face aux risques de taux de remplissage insuffisant Pierre & Vacances déclare vouloir se tourner vers le tourisme international : sans « honte » l’entreprise prévoit d’ajouter le kérosène des charters chinois aux cohortes de voitures sur les routes.
–  Zones humides : contrairement aux déclarations fréquentes des supporters du projet, celui-ci ne concerne pas qu’une zone de résineux mais comprend plus de quinze hectares de zone mixte feuillus/résineux qui constituent une zone humide en tête du bassin versant de l’Arconce. La détruire en imperméabilisant ses sols serait un non-sens à l’heure où la préservation des équilibres naturels est sensée être une priorité et une urgence.
–  Zone Natura 2000 : les juges administratifs ont considéré que les protections inscrites sur le papier du PLU sont suffisantes pour que la zone protégée par ce statut, à proximité immédiate de l’éventuel Center Parcs ne subisse pas de dommages. La protection effective des habitats d’espèces protégées qui s’y trouvent – en particulier la Cistude d’Europe – ne pourra se satisfaire de bonnes intentions couchées sur le papier.

D’autres recours seraient à coup sûr nécessaires à propos de leur mise en ½uvre effective si des centaines de touristes venaient à envahir la zone, comme cela semble être le souhait tenace de la municipalité actuelle chez qui l’idée de développement touristico-commercial supplante de loin la notion de préservation de la biodiversité.

Sur tous ces aspects de la protection environnementale, de la lutte contre la crise climatique, les discours se multiplient ; la plupart des élus font désormais couramment part de leurs motivations très écologiques. Ils doivent savoir que compte tenu des caractéristiques fortement anti-écologiques d’un Center Parcs, soutenir et/ou subventionner Pierre et Vacances pour son projet en Saône et Loire ne pourrait conduire qu’à accroître la méfiance citoyenne vis-à-vis d’actes en contradiction avec les discours.

Ce n’est pas le rôle des collectivités locales de suppléer aux difficultés financières de « l’investisseur »

En réalité dans ce cas, le terme d’investisseur est largement usurpé par Pierre et Vacances (P&V) puisque sa stratégie consiste à faire financer par le contribuable les équipements qu’il compte exploiter ensuite pendant un long bail d’une sorte de location-gérance. Les accords signés avec le Département et la Région en 2014 organisaient un montage où les collectivités devaient financer l’intégralité des équipements de loisirs ainsi que les aménagements de réseau et voierie pour un total de l’ordre de 80 Millions d’Euros.

Ces accords sont heureusement devenus caduques en raison des atermoiements de Pierre et Vacances devant l’opposition rencontrée après la présentation de son projet et par le fait que la Région Bourgogne qui en était signataire n’existe plus depuis début 2016.
Heureusement, car le partenaire que ces entités s’étaient décidées à soutenir financièrement en s’endettant elles-mêmes sur vingt ans n’est pas en bonne santé :
–  Pierre et Vacances accumule les pertes depuis 2011. En 2015 nous signalions aux élus les trois exercices déficitaires consécutifs des années précédentes (102 M¤ de pertes). Le cumul des pertes des sept derniers exercices, tous déficitaires, se monte aujourd’hui à 225 M¤ (auxquels il faut ajouter le déficit de 121 M¤ du dernier semestre publié récemment). Invariablement P&V indique que sa situation s’améliore et va s’améliorer encore.
–  Le renforcement économique attendu par le promoteur a longtemps reposé sur l’entrée à son capital d’un investisseur chinois, le groupe de tourisme international HNA. Celui-ci a en effet passé avec P&V en 2016 des accords de partenariats concernant aussi bien la France que l’Asie et a pris une participation minoritaire (10%) destinée à augmenter dans le futur. Hélas, les vents de l’économie sont changeants et dès 2018 HNA très endetté a été contraint de se retirer du capital de P&V la laissant revenir à son statut d’entreprise familiale.
– Celle-ci est essentiellement contrôlée par son président fondateur désormais âgé de plus de 80 ans et dont la présence est toujours effective. Considéré comme un précurseur du développement touristique de masse dans les années 60-70, il a porté l’entreprise à son niveau actuel en s’appuyant sur son lobbying constant auprès des élus et gouvernants successifs. Son entregent lui a permis d’intervenir sur des mesures de défiscalisation particulièrement intéressantes pour ses clients (Périssol, Censi-Bouvard, …). Cependant « la grande époque » de Gérard Brémond touche à sa fin alors qu’il s’est montré incapable de passer la main et d’assurer le futur de l’entreprise en mettant en place une gouvernance pérenne. P&V connait de longue date la valse de ses Directeurs à tel point que même le fils du fondateur M. Olivier Brémond nommé DG en septembre 2018 n’est resté en poste que dix mois avant d’être remplacé par un nouveau Directeur Général en juillet dernier.
La fragilité capitalistique de l’entreprise est telle qu’il est de toute évidence particulièrement hasardeux de la part des élus de s’engager avec elle sur du long terme (amortissement de l’investissement sur 20 ans prévu dans le protocole d’accord de 2014). Qui pourrait comprendre que l’argent de l’impôt soit mis à contribution dans ces conditions pour apporter les financements que l’entreprise privée porteuse du projet ne peut ou ne veut pas apporter elle-même ?

L’illusion du développement local sur la base d’un grand projet importé clés en mains

Les attentes liées à un projet tel que la construction puis l’exploitation d’un Center Parcs sont nombreuses et c’est une facilité pour le décideur local que d’y succomber en sachant que si un jour un bilan est tiré du projet dans la durée, il ne sera vraisemblablement plus aux manettes pour assumer sa responsabilité.
Pierre et Vacances est un parfait vendeur d’illusions.

D’un côté, l’illusion que le touriste trouvera dans le Charolais un bout de nature tropicale. De l’autre côté, l’illusion que le conseiller municipal, départemental ou régional sauverait en finançant le parc, un territoire du marasme qui lui était promis.

Cette vision soigneusement « marketée » par les équipes du promoteur ne correspond pourtant pas à la réalité des besoins et des capacités du département.
–  Sur le plan touristique, il s’agirait d’un accaparement des qualités intrinsèques de ce secteur riche de vrais espaces naturels riches de leurs paysages, de leur flore et faune … et de leurs habitants. Le tourisme doux et respectueux de l’environnement doit être développé et non pas détourné vers une illusion de nature artificialisée sous sa bulle climatisée.
–  Sur le plan du développement économique et de l’emploi, la concentration de tant de moyens affectés à la seule zone du Rousset serait une réponse très insuffisante aux besoins de soutien qu’émettent les nombreux acteurs locaux répartis de façon diffuse dans tous les secteurs du département. On sait de longue date que beaucoup des emplois liés aux Center Parcs sont de basse qualité, occasionnent un fort turn- over et n’ont finalement aucun impact sur le taux de chômage local. A budget égal, les investissements des collectivités destinés à favoriser l’emploi seront plus efficaces s’ils visent à soutenir les entreprises à taille humaine mieux ancrées dans le territoire.
– L’exemple du Centre de Santé Départemental 71 montre, entre autres, que c’est par des efforts de compréhension et d’adaptation aux besoins réels de la population que des solutions valables peuvent être imaginées et mises en place.
La validation du projet de Center Parcs serait à l’antithèse de cette démarche en acceptant de financer tel quel un projet privé posé comme une verrue sur les collines du charolais sans aucun rapport avec les besoins des habitants du 71.
Sur la base de ces constats il nous semblerait absurde que les conseils régional (CR BFC) et départemental (CD71) s’inscrivent dans les traces du Maire de la commune du Rousset lorsqu’il réclame à cor et à cris la relance de négociations avec Pierre et Vacances et qu’il pousse l’entreprise à déposer de nouveau son projet.
En tout état de cause, les citoyens et leurs associations et collectifs hostiles au projet restent attentifs aux décisions qui pourraient être prises par leurs élus et sont toujours extrêmement motivés pour éviter la gabegie annoncée il y a maintenant plus de cinq ans.
https://ecologicaction71.fr/wp-content/uploads/2019/09/20190907-Lettre-aux-élus-SCA.pdf  

« Tout ce que vous voulez savoir sur le Center Parcs et que vous n’avez jamais réussi à demander »
Le Collectif du Geai du Rousset
http://centerparc-le-rousset.org  

Projet Center Parcs du Rousset L’intervention préfectorale pour bloquer l’inventaire ZNIEFF en forêt du Rousset
https://reporterre.net/IMG/pdf/cp-znieff-sca-dossier-presse-12fev18.pdf  

Un garde forestier assassiné en Roumanie

Article de Reporterre :

Un garde forestier de la région du Maramures, en Roumanie, a été tué mercredi 16 octobre 2019 probablement par des voleurs de bois, rapporte la BBC. En un mois, c’est le deuxième assassinat. En septembre dernier, un autre garde forestier, près de Pascani, dans le nord-est du pays, avait été retrouvé mort dans sa voiture, à proximité d’une coupe illégale de bois.

Depuis le début de l’année 2019, seize cas d’agression ont été recensés contre des employés de Romsilva — la société nationale de gestion des forêts en Roumanie. La situation se tend alors que le vol de bois augmente et envahit le marché européen pour fournir du bois énergie et de l’aggloméré. La branche roumaine de Greenpeace estime que le pays perd trois hectares de forêt par heure en raison de l’abattage légal et illégal d’arbres, y compris dans ses forêts anciennes.

En septembre 2019, trois ONG ont déposé plainte auprès de la Commission européenne contre le gouvernement roumain, alléguant que ses pratiques d’exploitation forestière contrevenaient à la législation de l’Union européenne sur la protection de la nature, et que ses efforts étaient insuffisants pour lutter contre l’exploitation forestière illégale. Ces dernières années, six gardes forestiers ont été assassinés en Roumanie, rappelle la BBC.

Signez la pétition :

https://act.wemove.eu/campaigns/garde-forestier-roumain-justice-pour-liviu-pop

Renouvellement de la Charte de territoire Parc naturel du Morvan: un aveu d’impuissance ?

En mars 2019, l’État et la Région ont adopté le Contrat régional forêt-bois, qui identifie le Morvan comme zone prioritaire pour la production de résineux, et justifie cette orientation par l’arrivée à maturité industrielle des plantations du fonds forestier national (FFN). En réalité, le Contrat forêt-bois comme son nom l’indique assume d’être avant tout un outil de développement économique de la filière avec l’aval du ministère de l’Agriculture.

Dans le Morvan, les orientations du Contrat confortent la filière intensive et son modèle productiviste hérité des années 60 : monocultures ultra mécanisées et récoltées par coupes rases, avec une marge financière sur les volumes et la compression des coûts. On aurait pourtant pu s’inspirer du modèle sylvicole franc-comtois, que le Contrat traite à part et ne remet pas en cause : qualité, innovation, transformation, plus value et emplois locaux.

Dans le même temps, l’État, la Région et les mêmes élus ont travaillé sur le renouvellement de la Charte de Parc naturel du Morvan et l’on validée. Dans ce projet, l’approche de la forêt est à la fois environnementale et économique, avec la double ambition de préserver le patrimoine forestier1 et de s’orienter vers une gestion multifonctionnelle, qui produise du bois sans porter atteinte aux équilibres naturels actuels et futurs.

Il est bien évident que si l’État et les collectivités publiques ne donnent pas aux instances du Parc les moyens juridiques et financiers d’assurer cette mission, elle restera lettre morte. Les préconisations et autres bonnes intentions ont fait la preuve, depuis 50 ans, de leur inutilité.

Or l’État se refuse à avaliser les deux demandes du Parc qui lui permet- traient d’assumer son rôle de médiation entre préservation de l’environnement et développement économique : apporter un avis consultatif sur les plans de gestion sylvicole, et lutter contre les coupes rases sauvages en abaissant le seuil d’autorisation actuellement de 4 hectares à un demi hectare. La multiplication des coupes rases et transformations au gré des seuls intérêts économiques, détruisent des habitats d’intérêt européen, les continuités, trames et réseaux de forêts anciennes vieillissantes2.

Nous sommes aujourd’hui à la croisée des chemins :

• soit nous prenons la décision de préserver notre patrimoine naturel et économique – dans le sens : forêt résiliente et sol forestier fertile, ce qui est incompatible avec la sylviculture intensive de court terme,

• soit nous cédons aux sirènes de la (prétendue) compétitivité, véritable puits sans fonds que le pillage de l’ensemble des forêts ne comblera pas, tant il se trouve de part le monde de moins disants socio-environnementaux.

Dans le Morvan, la priorité absolue est de changer le modèle sylvicole, par ailleurs climaticide. Ces monocultures en turnover rapproché détruisent les capacités de la forêt à capter et stocker le carbone, notamment dans les horizons profonds du sol, qui est sont la véritable pompe à carbone de nos forêts.

Le Contrat forêt-bois BFC aurait pu se saisir de l’opportunité de la maturité des peuplements du FFN pour mettre en place un renouvellement en adéquation avec un parc naturel et les enjeux du 21e siècle3 : diversité en mélange (avec une part minimum d’indigénat), conduite vers un rallongement des cycles, une régénération naturelle ou encore mieux qui tend vers l’irrégulier. Ces méthodes sylvicoles ont fait la preuve de leur pertinence à la fois économique, environnementale, sociale et climatique. C’est d’ailleurs ce qu’a très fortement suggéré l’Autorité environnementale.

Nous demandons à l’État d’entendre les préoccupations des élus du Morvan qui s’inquiètent de voir leur territoire être la cible d’une politique irréfléchie, mal évaluée et risquée et d’intérêts privés qui implantent du douglas à la place des forêts de feuillus. Il est urgent d’arrêter le pillage systématique et organisé du Morvan.

1. Est-il besoin de rappeler que les forêts feuillues du Morvan encore existantes sont identifiées réservoir de biodiversité par le SRCE de Bourgogne, et que la plupart ces peuplements anciens préservés sont des habitats d’intérêt européen (dont notamment les 41.11, 41.12 et 41.13) ?

2. Sans parler des incidences eau / milieux aquatiques dans un massif qui est le château d’eau de la région.

3. Le Contrat ne localise pas « les forêts où se feront les prélèvements supplémentaires », et de ce fait n’analyse pas les impacts de cette intensification sylvicole. Également, le Contrat ne caractérise pas la multifonctionnalité « en fonction du contexte local » (définir une échelle d’appréciation et des critères clefs de gestion), ce qui ouvre la porte à la spécialisation. Ces deux points étaient pourtant une demande du programme national forêt-bois pour encadrer l’augmentation de la production (et de la productivité : standardisation, mécanisation etc). Le Contrat ne prend pas non plus position sur les méthodes sylvicoles qui favorisent ou réduisent les capacités de la forêt à amortir le choc climatique, malgré une évaluation environnementale très précise sur cette question.

Nos forêts sont en danger d’extinction

Nous nous y promenons, nous l’admirons et nous en émerveillons ; nous l’exploitons aussi, comme si elle était là pour toujours. Eh bien non. La forêt européenne en général et la forêt française en particulier, sont menacées d’extinction. Sécheresse aggravée par le réchauffement climatique, apparition de parasites fortifiés par la chaleur, conséquences d’une gestion productiviste insouciante du bois, plus de la moitié de nos forêts est en grand danger et risque de disparaître. Ce constat inattendu est dressé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui vient d’inscrire nos grands arbres dans sa « liste rouge » des espèces gravement menacées. 

Formidables géants. Les milliers d’arbres qui composent une forêt forment une communauté d’organismes à nulle autre pareille. Ils sont capables de se nourrir, de respirer, de s’affronter ou de collaborer ; ils communiquent dans un langage inaudible pour nous, humains. Chaque arbre, du plus fragile au chêne multicentenaire, forme un monde abritant animaux, lichens, mousses, champignons, bactéries, à profusion.

Éternels géants

Certains de ces anciens indigènes existaient déjà ici avant la dernière période glaciaire. Les premières communautés forestières sont apparues il y a 360 millions d’années, une époque ou les mammifères et l’homme étaient à peine ébauchés. Les arbres, dès leur apparition, ont façonné en alchimistes accomplis notre planète et notre atmosphère. « Ils ont transformé l’invisible en visible » écrit Francis Martin, transformant le soleil en sucres et combustibles organiques indispensables à toute vie sur Terre. Sans eux, pas d’oxygène, ce cadeau qu’ils offrent à la vie en faisant tourner leurs usines à photosynthèse.

Ces arbres autour de nous paraissent éternels et certains comme les séquoias géants de Yosemite Park sont millénaires. Et pourtant, ils sont fragiles. Ce ne sont pas, comme certains le croient, des objets inertes, réduits au bois qui les fait. Ce sont des organismes vivants dont nous sommes loin de connaître la complexité. Êtres vivants, ils sont sensibles et peuvent mourir.

L’homme contemporain a déclenché, par ses activités, la sixième extinction de masse. Nous croyions jusqu’à présent qu’elle ne touchait que les reptiles, les mammifères, oiseaux, abeilles et papillons. Mais comme si cette liste sinistre n’était pas suffisante, viennent de s’y rajouter, les forêts, les arbres. Les forêts d’Europe sont plus menacées d’extinction que toutes ces espèces animales réunies.

Sur la liste rouge des menaces

En fait, les arbres sont l’un des groupes les plus menacés jamais évalués pour la Liste rouge européenne de l’UICN. Le risque d’extinction pour ce groupe d’espèces n’est dépassé que par les mollusques d’eau douce et les plantes à feuilles. Le pire, c’est qu’on vient juste de le remarquer !

Dans un effort pour étudier certaines des espèces les plus négligées du monde, la Liste rouge des arbres de l’UICN, publiée en septembre dernier, rend visible l’ampleur de notre destruction sans équivoque.

En évaluant les 454 espèces d’arbres propres au continent européen, les analystes ont constaté que 42 pour cent des espèces étaient menacées d’extinction à l’échelle régionale. Pour les arbres endémiques, qui n’existent qu’en Europe, plus de la moitié d’entre eux (58 %) étaient très menacés d’extinction, tandis que 15 pour cent étaient considérés comme gravement menacés – un pas de plus vers l’extinction.

Même parmi les arbres qui allaient bien, une douzaine d’espèces étaient sur le point d’être elles-mêmes menacées, et les auteurs de l’étude admettent que 13 pour cent n’avaient pas suffisamment de données pour leur attribuer un état de conservation.

« L’impact des activités menées par l’homme entraîne un déclin des populations et un risque accru d’extinction d’espèces importantes en Europe », déclare Luc Bas, directeur du Bureau européen de l’UICN. Ce rapport montre à quel point la situation est désastreuse pour de nombreuses espèces négligées et sous-estimées qui constituent l’épine dorsale des écosystèmes européens et contribuent à la santé de la planète.

Catastrophe sanitaire

Particulièrement touché, le genre Sorbus (sorbiers et alisiers), dont trois quarts des 170 espèces sont menacés. En grand danger aussi, les cèdres, les épicéas, les marronniers, les pins sylvestres ou les sapins de Sicile.

Assoiffées par la sécheresse qui a encore sévi cet été, les forêts françaises sont également la proie des scolytes, des coléoptères qui, alléchés par les arbres asséchés, creusent des galeries sous l’écorce, empêchant la sève de circuler. La forêt française doit faire face à une « catastrophe sanitaire ».

« On est dans une catastrophe sanitaire de grande ampleur. Ça a commencé avec les épicéas, mais on a aussi les sapins qui, un an après, sèchent et on a maintenant du hêtre et même du chêne dépérissant, suite à la chaleur », explique à l’AFP Nicolas Douzain-Didier, délégué général de la Fédération nationale du Bois (FNB).

Principales essences touchées par ce double fléau, le sapin et l’épicéa, essentiellement dans les régions Grand-Est et Bourgogne/Franche-Comté. Plus surprenant, le marronnier commun (Aesculus hippocastanum), qui abonde dans nos villes, est classé « vulnérable ». Originaire de Bulgarie, d’Albanie, de Macédoine et de Grèce continentale, cet arbre y est en effet décimé par la mineuse du marronnier (Cameraria ohridella), petite chenille qui dévore ses feuilles. Originaire des Balkans, cet insecte s’étend en Europe, apporté par les voyages et le commerce mondialisé.

la suite de l’article https://up-magazine.info/index.php/planete/biodiversite/28154-nos-forets-sont-en-danger-dextinction/?utm_source=newsletter-35&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter-35

Communiqué de PRO SILVA

Le Conseil d’Administration de PRO SILVA FRANCE, réuni à Autun le 04 octobre 2019, a souhaité, par rapport à la crise sans précédent que traversent actuellement, au niveau sanitaire, certaines forêts en France et en Europe, rappeler et réaffirmer un certain nombre de points.

Nous sommes pleinement confiants sur l’avenir de la forêt et sur ses capacités à assurer dans un avenir proche et plus lointain, un certain nombre de fonctions : la production de bois de valeur en priorité, mais aussi la protection des sources et du cycle de l’eau, de la biodiversité et des paysages, le stockage du carbone, l’accueil du public….

Sans aucunement nier les évolutions climatiques et tout en appelant tous nos responsables politiques, mais aussi nous tous, chacun à son niveau, à tout entreprendre pour réduire notre impact carbone et aller vers un fonctionnement de société durable, respectueuse de son environnement, il nous semble évident que certaines pratiques forestières ont aussi une grave responsabilité dans la situation dramatique actuelle que traverse la filière forêt/bois.

Loin de nous l’idée de crier victoire, mais force est de constater tout de même que les idées de Pro Silva résistent sans doute un peu mieux aux bouleversements actuels. Nous en rappellerons quelques-unes :

Nous voulons travailler avec des essences adaptées à leur milieu, qu’elles soient autochtones ou exotiques, privilégier le mélange, la diversité, pour une adaptation en continu, en fonction des réactions individuelles et des évolutions du climat. L’essence miracle n’existe pas.

Notre approche de sylviculteur ne peut se faire qu’au niveau des arbres-individus. Certains ont un rôle à jouer (économique ou écologique ou social) et doivent être conservés, préservés et choyés, d’autres n’en ont plus et ils peuvent être prélevés. C’est bien sur le terrain au contact des arbres, en pleine connaissance des dynamiques naturelles que se prennent les décisions de prélèvement, et non dans un bureau ou un document de gestion ou de planification globale. C’est cette approche par l’arbre, qui crée des peuplements mélangés, variés, irréguliers. C’est cette approche par l’arbre qui crée des peuplements stables et résilients, condition incontournable pour une économie performante et sereine.

Toutes les interventions en forêt sont d’abord des perturbations pour les peuplements. Et plus elles sont fortes, plus grave sera l’impact, et plus le peuplement aura de difficultés ou besoin de temps pour restaurer un équilibre plus stable ou moins instable. Il nous semble évident qu’en ajoutant des perturbations à des perturbations, la forêt ne peut qu’afficher un état de faiblesse souvent durable.

Nous percevons bien aussi aujourd’hui l’impasse de l’hyper-mécanisation, qui s’oriente vers des engins toujours plus gros, toujours plus lourds, toujours plus chers jusqu’à en oublier la fragilité de nos sols, le véritable potentiel d’accroissement de nos peuplements, l’importance de préserver le microclimat local qui accompagne et protège chaque arbre. Il n’y a pas de fatalité, c’est bien à nous gestionnaires, propriétaires de fixer le cadre, de nouer avec les intervenants professionnels de véritables relations partenariales, pérennes et durables. Cela peut coûter quelques euros supplémentaires, mais nous restons persuadés que c’est la seule voie pour la meilleure santé de nos peuplements, et cela n’a pas de prix.

Une forêt conduite selon les principes de Pro Silva produit du bois, certainement autant si ce n’est plus que n’importe quelle autre approche sylvicole, tout simplement parce que la croissance est sans cesse stimulée par le mélange, par l’absence d’à-coups, ou de phase brutale de décapitalisation, par les choix orientés en faveur des arbres de meilleure vigueur individuelle et collective. Et évidemment, cette production est de meilleure qualité, et la rentabilité améliorée puisque cette sylviculture et l’automation biologique œuvrent dès les premiers stades de développement.

La régénération sera préférentiellement naturelle quand le peuplement mère est de qualité, et certainement la sélection naturelle renouvelée depuis des millions d’années permettra aux meilleurs de sortir du lot, même dans le contexte d’évolutions climatiques rapides et brutales, comme celles que nous traversons actuellement. Mais loin de nous aussi l’idée de renoncer à planter, d’abord pour pallier une insuffisance de renouvellement, ensuite pour enrichir avec de nouvelles espèces, de nouvelles provenances. Gardons-nous cependant de jouer les apprentis sorciers en tirant des conclusions trop rapides, en adoptant des solutions trop simples, trop générales, trop caricaturales.

Enfin, la forêt à n’en pas douter, est l’un des derniers espaces où la biodiversité peut s’exprimer plus ou moins librement. Il nous revient, non seulement de la prendre en compte, mais aussi de la favoriser, et cela passe par la diversité et la richesse des structures, par le maintien du bois mort, par des espaces de libre évolution…

La santé et la pérennité de nos forêts dépendent aussi de notre volonté à régler enfin le gravissime problème du déséquilibre forêt/gibier qui prévaut depuis trop longtemps maintenant, menaçant en maints endroits l’existence même de la forêt. Nous appelons des mesures fortes et énergiques en ce sens.

Le rôle de Pro Silva n’est pas de faire la leçon, ou de délivrer des solutions passe-partout qui n’existent de toute façon pas. Le rôle de Pro Silva est de nous apprendre à observer, à comprendre et à accompagner les dynamiques naturelles, à prendre les bonnes décisions au bon moment et au bon endroit, à contrôler, qualifier et quantifier les actions menées…

Pro Silva veut éviter la sectorisation de l’espace forestier et l’impasse d’une forêt dédiée uniquement à l’industrie ou à l’opposé, à une mise sous cloche.

La société appelle à la constitution de forêts à la fois productives et belles pour que les objectifs de multifonctionnalité soient pleinement assurés de façon continue et durable.

C’est cette logique, couplée à l’analyse de ses résultats, que Pro Silva promeut et défend, à travers toute l’Europe, depuis maintenant plus de 30 ans.

Pour le Conseil d’Administration,
Evrard de Turckheim, Président.

PRO SILVA FRANCE
www.prosilva.fr

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