Mois : septembre 2019

Morvan : la résistance contre les coupes rases s’intensifie.

En Bourgogne, la révision de la charte du parc naturel régional du Morvan cristallise les tensions autour des coupes rases. Mais au-delà du débat local, ce qui est en jeu, c’est la possibilité pour les citoyens et les élus locaux de s’exprimer sur les choix de gestion forestière, y compris en forêt privée.

Coupe rase dans le Morvan – Photo Groupement Forestier du Chat sauvage.

Naturellement, les forêts morvandelles sont constituées de peuplements feuillus, à dominante de hêtre et de chêne. Depuis les années 1950, les paysages se transforment avec le développement des plantations de pin douglas, un arbre très apprécié pour ses qualités de bois d’oeuvre. Problème: ses plantations remplacent les forêts de feuillus existantes et sont exploitées en coupe rase. En quelques décennies, le Morvan est devenu le premier territoire producteur de douglas, avec une très forte proportion de parcelles privées (environ 85%). L’amplitude du taux d’enrésinement entre les communes est très important (2 à 85% de la surface boisée communale).

Créé en 1970, le parc naturel régional du Morvan ne parvient pas à freiner cette dynamique d’enrésinement comme l’explique son président Sylvain Mathieu « On en est à la quatrième charte forestière de territoire et on n’arrive toujours pas à réguler les coupes à blanc”. Au contraire, le phénomène semble s’accélérer comme le constate le document préalable à l’élaboration de la nouvelle charte “Les peuplements résineux assurent aujourd’hui l’essentiel des produits issus de l’exploitation forestière du Morvan, avec un système de production de Douglas majoritairement fondé sur la futaie régulière avec coupe-rase à quarante-cinq ans, puis une replantation à l’identique pour un nouveau cycle de production.” Compte tenu des volumes sur pied “(…)la récolte pourrait augmenter très significativement dans les dix à quinze prochaines années(+  250 000 m3/an) à l’échelle bourguignonne pour les bois d’œuvre résineux, sans parler des bois d’industrie et énergie avec toutes les conséquences d’une exploitation intensive par coupes”. 

l’article complet : https://www.canopee-asso.org/morvan-la-resistance-contre-les-coupes-rases-sintensifie/

Stop aux coupes rases dans le Morvan

Dans le Morvan, les forêts de feuillus disparaissent au profit des plantations de pin douglas entraînant une profonde modification des paysages, une érosion de la biodiversité et une dégradation des sols. Les coupes rases se multiplient. Sous la pression des citoyens, les élus locaux commencent à réagir … mais l’État freine. Un bras de fer s’est engagé autour de la révision de la charte du Parc naturel régional du Morvan.

Faites entendre votre voix auprès de la Ministre de la transition écologique et solidaire, Mme Borne qui doit trancher dans les prochaines semaines !

Signez la pétition

Dans les forêts du Morvan, l’État refuse d’encadrer les coupes rases

Le parc naturel du Morvan souhaite limiter les coupes rases, néfastes pour l’environnement mais utiles à l’industrie du bois. Parce qu’il s’oppose à une gestion intensive des forêts, il risque de perdre son label, et les subventions afférentes.

Le parc naturel régional du Morvan se trouve aujourd’hui dans une situation paradoxale. Cet établissement public qui a pour mission première « la protection de l’environnement » souhaite réguler les coupes rases qui sévissent dans ses forêts. Mais la préfecture de la région Bourgogne-Franche-Comté s’y oppose. Elle menace même de lui retirer son label et les subventions qui vont avec.

Pour garder son étiquette « parc naturel », l’organisme devra donc cautionner des pratiques industrielles qui dégradent les écosystèmes — en cas de coupe rase, les habitats de la faune et de la flore sont détruits, le sol mis à nu est tassé. Une contradiction qui révolte une partie de la population alors que l’exploitation des forêts s’accroît dans le Morvan et que des centaines d’hectares de bois sont rasés chaque année.

Localement, un front se dessine. D’un côté, le parc et les associations environnementales pensent que la forêt, même privée, constitue un bien commun. Ils exigent un droit de regard sur les modes de gestion de la filière forestière. De l’autre côté, les services de l’État et les professionnels privilégient le statu quo et défendent, en priorité, les intérêts économiques de la forêt.

l’article complet : https://reporterre.net/Dans-les-forets-du-Morvan-l-Etat-refuse-d-encadrer-les-coupes-rases

Les forêts tropicales sont-elles toujours des puits de carbone ?

De nouvelles analyses inédites sur la capacité des forêts tropicales à stocker du carbone montrent que celles-ci, malmenées par la déforestation et le climat, ne ne sont plus des puits de carbone et pourraient même bientôt devenir des émetteurs de carbone, augmentant encore la réchauffement climatique planétaire.

Des chercheurs de l’Inra, du CEA, du CNRS et du CNES en collaboration avec l’Université de Copenhague, de Nanjing, et de nombreux instituts de recherche internationaux sont parvenus à quantifier – au cours de la période 2010-2017 – l’évolution des stocks de carbone dans la biomasse végétale aérienne au niveau de la zone tropicale (Amérique, Afrique, Asie).

Résultat majeur et inédit : sur la période étudiée, la séquestration de carbone de la biomasse aérienne dans les régions tropicales est maintenant compensée par les pertes liées à la déforestation ou au dépérissement liés à l’impact du climat (notamment du fait d’épisodes El Niño).
Autrement dit, ces régions tropicales, autrefois puits de carbone deviennent globalement neutres et pourraient même devenir une source de carbone atmosphérique dans un proche avenir, accélérant ainsi le réchauffement global.

Comment les stocks de carbone changent-ils dans la biomasse de la végétation à l’échelle de la planète ? Quels facteurs expliquent ces changements ? Ce sont des questions centrales pour les sciences du climat et pour l’application des accords internationaux pour le climat.

Les travaux publiés fin juillet 2019 montrent la forte corrélation entre les variations des stocks de carbone de la biomasse aérienne et les variations de la concentration atmosphérique en CO2 de l’atmosphère, confirmant le rôle central de la biomasse végétale des écosystèmes tropicaux dans le cycle du carbone à l’échelle planétaire.

Le résultat majeur à retenir est la quasi-neutralité des forêts des tropiques dans le bilan de carbone, compte tenu de la déforestation, documentée pour la première fois avec des données d’observations directes et quantitatives de la biomasse aérienne.

l’article complet ici : https://www.notre-planete.info/actualites/3074-puits-carbone-forets-tropicales

Propriétaires terriens, industriels, ministre corrompu : qui sont les pyromanes de l’Amazonie brésilienne ?

Plusieurs incendies qui consument une partie de l’Amazonie ont été revendiqués par de gros propriétaires terriens brésiliens, en soutien à Bolsonaro et à leur « droit » à détruire la forêt. Une situation facilitée par les attaques contre les défenseurs de l’environnement, encouragées depuis la prise de pouvoir du dirigeant d’extrême-droite. Mais aussi par les clients achetant viandes et soja brésilien, dont la France. Décryptage.

Ils se sont coordonnés sur l’application Whatsapp pour mettre le feu à la forêt amazonienne. Dans l’État brésilien du Pará, 70 « fazendeiros » – des propriétaires terriens –, et des « grileiros » – des personnes spécialisées dans la falsification de titres de propriété pour s’accaparer illégalement des terres –, ont organisé, le 10 août, un « dia de fogo », un jour de feu. Ces incendies criminels ont été provoqués tout le long de la route BR 163, qui traverse cette partie de l’Amazonie, reliant les grands élevages et plantations plus au sud aux ports de matières premières situés sur les affluents de l’Amazone.

« Un énorme incendie a démarré autour d’une zone de forêt primaire. Le feu a été stratégiquement déclenché près de la forêt, pour que le vent pousse les flammes », décrivent les journalistes du site brésilien Globo Rural, qui ont révélé l’information. L’objectif des fazendeiros : manifester leur soutien au président brésilien Jair Bolsonaro – qui prône l’ouverture de larges zones de l’Amazonie à l’industrie minière ou à l’agrobusiness – et obtenir l’annulation de leurs amendes pour déforestation illégale.

l’article complet ici : https://www.bastamag.net/Amazonie-incendies-deforestation-Bolsonaro-soja-boeufs-fazendeiros-corruption-peuples-autochtones

Menaces sur la forêt guyanaise

Alors que l’Amazonie brésilienne s’embrase, la Guyane française projette de miner, brûler et noyer sa forêt primaire avec l’appui des services de l’État, de la Collectivité territoriale et aux bénéfices des incontournables multinationales de l’extractivisme et de l’énergie (par Maiouri Nature Guyane).

Biomasse, la fausse énergie verte

Pendant que l’Amazonie s’embrase, la Guyane Française projette de brûler sa forêt primaire avec les subventions de l’Europe !

La Collectivité Territorial de Guyane (CTG) avec le soutien de l’Etat proposent un grand plan biomasse et agro-carburants (sous couvert de développer les énergies renouvelables) pour atteindre une autonomie énergétique à hauteur de 50% d’ici 2030.

Voir le livre blanc projet pour la Guyane
Extrait : “Le potentiel de développement des agro-carburants (biodiésel et bioéthanol) en Guyane est fortement limité par la réglementation européenne qui exclut la production sur déforestation. L’Etat devra accompagner la CTG dans la levée [de] ces contraintes au travers d’un plan d’action intégrant le REDD++ (réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts).”

Le Président de la République a, pendant sa visite en Guyane en octobre 2017, rappelé son souhait d’accompagner le développement de la filière biomasse en Guyane. Dans cet objectif, il a annoncé réformer les instructions de la CRE et de Bercy afin que les instructions soient traitées de façon rapide.

La CTG est consciente qu’elle ne pourra pas déforester l’Amazonie avec les règles européennes actuelles qui protègent la forêt primaire. Du coup, elle entend plaider pour une exception guyanaise, sous le régime des régions ultra-périphériques (RUP), à l’article 26 la Directive européenne COM (2016)767 : comme elle l’explique de façon très succincte dans cette présentation.

Le président de la CTG a déclaré avoir de son côté le président Emmanuel Macron qui lui aurait promis d’accélérer la procédure.

Ces projets d’implantation de la biomasse doivent venir alimenter trois nouvelles centrales en construction à Mana et St-Georges-de-l’Oyapock et Cacao.

Selon les projections de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la biomasse devraient à terme générer 40 MegaWatt.

Ce grand projet de biomasse nécessite des coupes rases dans la forêt primaire guyanaise et permettre l’implantation de projets couplés avec des installations agricoles.

Extrait Rapport gisement biomasse en Guyane

Les prévisions de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) de réaliser 40 mégawatt de biomasse sont supérieures aux capacités de la Guyane, qui ne peut fournir actuellement les ressources nécessaires pour assurer cette production électrique. On peut donc s’interroger sur l’origine de l’approvisionnement de ces centrales dont l’une est située à la frontière brésilienne ? Le bois sera-t-il extrait des forêts primaires guyanaises ou sera-t-il fourni par une augmentation de la déforestation brésilienne, en contradiction avec les récentes critiques du Président Macron à l’encontre de Jair Bolsonaro ?

Sur le terrain, certains projets industriels voient le jour, alléchés par des effets d’aubaine. Le projet MIA de la société Maillet Forestal, repose sur une demande de bail agricole de 10 700 ha et propose d’alimenter en bois les centrales en biomasse, grâce à la déforestation de la forêt couplée, entre autre, d’un projet de reboisement en Teck de Malaisie. Introduire une espèce étrangère alors que le pays possède 1700 espèces d’arbres est une aberration écologique. D’autant plus que la monoculture intensive d’arbres à des fins énergétiques à un impact dévastateur (rendement dérisoire, consommation d’eau, intrant de pesticides…).

Pour les associations, le projet a tout d’une opération de greenwashing, une « usine à gaz » destinée à absorber de l’argent européen du FEDER.

Les déclarations du président Emmanuel Macron dénonçant les incendies au Brésil tombent à point nommé, reste qu’en Guyane française, le gouvernement est en train d’organiser une déforestation massive au service des industriels de la biomasse et des mines industrielles.

Références :

Biomasse industrielle et monoculture intensive d’arbres :
https://sites.google.com/site/maiourinature/biomasse_destruction_massive_biodiversite