Catégorie : La forêt en France

À LA TÉLÉ – Une semaine consacrée aux forêts

Du dimanche 12 au samedi 25 janvier 2020, Arte propose une programmation spéciale, « Winter of Forests ». Documentaires, films et magazines s’intéressent aux multiples légendes sylvestres et laissent la parole aux habitants de ces espaces essentiels pour la survie de notre planète.

Du dimanche 12 au samedi 25 janvier 2020

Sur Arte

En janvier 2020, ARTE sillonne pendant deux semaines les forêts du monde entier. Documentaires, films et magazines s’intéressent aux multiples légendes sylvestres et laissent la parole aux habitants de ces espaces essentiels pour la survie de notre planète. Poumons de la terre, sources de légendes et refuges pour citadins stressés, depuis 350 millions d’années, les forêts jouent un rôle central dans l’histoire de l’humanité, tout en protégeant la biodiversité. Malgré leur exploitation intensive, un soupçon de légende plane aujourd’hui encore au-dessus de ces zones menacées par le changement climatique.

Au programme :

Du cinéma :
avec notamment Le Village avec Joaquin Phoenix, Gorilles dans la brume avec Sigourney Weaver, la comédie noire The Lobster, Tableau de chasse d’après le roman d’Olga Tokarczuk (Prix Nobel de littérature 2018) et Le nouveau monde de Terrence Malick dans le cadre d’une soirée dédiée au personnage historique de Pocahontas.

Et aussi des programmes documentaires et de fiction inédits :

Du 13 au 17 janvier à 17h45 : la série documentaire Sauvons nos forêts

Les 14, 15 et 16 janvier à 13h : 3 reportages inédits d’ARTE Regards

Le 15 janvier :
– à 22h25 : le documentaire Et l’homme créa la chasse
– à minuit : le film Bientôt les jours heureux

Le 17 janvier  :
– à 21h : la fiction À deux sous les étoiles
– à 23h35 : une édition spéciale de Tracks : Very Green Trip

Le 18 janvier  :
– à 15h30 : le documentaire Papouasie-Nouvelle-Guinée : Jim & Jean au secours du Kangourou Arboricole
– à 20h50 : le documentaire Le murmure de la forêt – Quand les arbres parlent
– à 22h20 : le documentaire Les forêts du Grand Nord

Le 20 janvier à 23h : le film Tableau de chasse

Le 22 janvier à 0h15 : le film Coeur de pierre

Le 25 janvier :
– à 17h05 : le documentaire Les mythes de la forêt de Teutobourg
– à 22h20 : le documentaire Aurores boréales – Des lumières fascinantes mais menaçantes
– à 23h45 : une édition spéciale de Square Idée : La forêt part en fumée

La programmation spéciale Winter of Forests est présentée par Yann Arthus-Bertrand. Connu notamment pour ses spectaculaires clichés en prise de vue aérienne (La Terre vue du ciel), le photographe français est également un fervent protecteur de l’environnement et le créateur de la fondation GoodPlanet.

STOP aux coupes rases

Le dimanche 17 novembre, 550 personnes se sont réunies sur une parcelle de forêt privée à Dun-les-Places, récemment défrichée, pour dénoncer les coupes rases dans le Morvan. Vu du ciel, ils ont formé un STOP géant.

Depuis une dizaine d’années, les coupes rases se multiplient et entrainent une disparition des forêts naturelles de feuillus (chênes, hêtres…) au profit de monocultures de douglas. Ces pratiques entrainent une transformation des paysages, une dégradation des sols, une érosion de la biodiversité et affaiblissent la capacité de stockage de carbone des écosystèmes forestiers.

Pour Sylvain Angerand, coordinateur de Canopée : « Ce qui se passe aujourd’hui dans le Morvan est une alerte pour l’avenir des forêts. Partout en France, de plus en plus de citoyens, d’associations et surtout de forestiers refusent cette industrialisation de la forêt. Cette action marque le lancement d’une campagne nationale pour mettre fin aux coupes rases».

Face à ce phénomène, la contestation citoyenne est de plus en plus forte. Dans le cadre de la révision du parc naturel régional du Morvan, les élus locaux se sont engagés dans un bras de fer avec l’État pour tenter de réguler ces pratiques.

Au nom d’une commission d’enquête parlementaire et citoyenne sur les forêts, la députée Mathilde Panot a participé à cette action ainsi qu’à une visite de terrain et à une audition des acteurs locaux sur les forêts au café associatif « Le Carrouège » à Vauclaix le samedi 16 novembre 2019.

Plus de 18 000 personnes, soutenues par 28 associations nationales et locales, ont interpellé par une pétition Mme Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique pour lui demander de mettre en œuvre des actions rapides, et de faire évoluer le droit forestier pour mieux prendre en compte les attentes des citoyens. 

Des demandes qui sont, pour l’instant, sans réponse.

Voir le dossier de presse complet sur le site de Canopée :

https://www.canopee-asso.org/une-action-geante-pour-denoncer-les-coupes-rases-dans-le-morvan/?fbclid=IwAR2WkNzpjBKlPJ_UPQgRa3Bg56dBO-pEOtrkHbO-KOIEZCMxMY-5SqLwdHQ

Nos forêts sont en danger d’extinction

Nous nous y promenons, nous l’admirons et nous en émerveillons ; nous l’exploitons aussi, comme si elle était là pour toujours. Eh bien non. La forêt européenne en général et la forêt française en particulier, sont menacées d’extinction. Sécheresse aggravée par le réchauffement climatique, apparition de parasites fortifiés par la chaleur, conséquences d’une gestion productiviste insouciante du bois, plus de la moitié de nos forêts est en grand danger et risque de disparaître. Ce constat inattendu est dressé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui vient d’inscrire nos grands arbres dans sa « liste rouge » des espèces gravement menacées. 

Formidables géants. Les milliers d’arbres qui composent une forêt forment une communauté d’organismes à nulle autre pareille. Ils sont capables de se nourrir, de respirer, de s’affronter ou de collaborer ; ils communiquent dans un langage inaudible pour nous, humains. Chaque arbre, du plus fragile au chêne multicentenaire, forme un monde abritant animaux, lichens, mousses, champignons, bactéries, à profusion.

Éternels géants

Certains de ces anciens indigènes existaient déjà ici avant la dernière période glaciaire. Les premières communautés forestières sont apparues il y a 360 millions d’années, une époque ou les mammifères et l’homme étaient à peine ébauchés. Les arbres, dès leur apparition, ont façonné en alchimistes accomplis notre planète et notre atmosphère. « Ils ont transformé l’invisible en visible » écrit Francis Martin, transformant le soleil en sucres et combustibles organiques indispensables à toute vie sur Terre. Sans eux, pas d’oxygène, ce cadeau qu’ils offrent à la vie en faisant tourner leurs usines à photosynthèse.

Ces arbres autour de nous paraissent éternels et certains comme les séquoias géants de Yosemite Park sont millénaires. Et pourtant, ils sont fragiles. Ce ne sont pas, comme certains le croient, des objets inertes, réduits au bois qui les fait. Ce sont des organismes vivants dont nous sommes loin de connaître la complexité. Êtres vivants, ils sont sensibles et peuvent mourir.

L’homme contemporain a déclenché, par ses activités, la sixième extinction de masse. Nous croyions jusqu’à présent qu’elle ne touchait que les reptiles, les mammifères, oiseaux, abeilles et papillons. Mais comme si cette liste sinistre n’était pas suffisante, viennent de s’y rajouter, les forêts, les arbres. Les forêts d’Europe sont plus menacées d’extinction que toutes ces espèces animales réunies.

Sur la liste rouge des menaces

En fait, les arbres sont l’un des groupes les plus menacés jamais évalués pour la Liste rouge européenne de l’UICN. Le risque d’extinction pour ce groupe d’espèces n’est dépassé que par les mollusques d’eau douce et les plantes à feuilles. Le pire, c’est qu’on vient juste de le remarquer !

Dans un effort pour étudier certaines des espèces les plus négligées du monde, la Liste rouge des arbres de l’UICN, publiée en septembre dernier, rend visible l’ampleur de notre destruction sans équivoque.

En évaluant les 454 espèces d’arbres propres au continent européen, les analystes ont constaté que 42 pour cent des espèces étaient menacées d’extinction à l’échelle régionale. Pour les arbres endémiques, qui n’existent qu’en Europe, plus de la moitié d’entre eux (58 %) étaient très menacés d’extinction, tandis que 15 pour cent étaient considérés comme gravement menacés – un pas de plus vers l’extinction.

Même parmi les arbres qui allaient bien, une douzaine d’espèces étaient sur le point d’être elles-mêmes menacées, et les auteurs de l’étude admettent que 13 pour cent n’avaient pas suffisamment de données pour leur attribuer un état de conservation.

« L’impact des activités menées par l’homme entraîne un déclin des populations et un risque accru d’extinction d’espèces importantes en Europe », déclare Luc Bas, directeur du Bureau européen de l’UICN. Ce rapport montre à quel point la situation est désastreuse pour de nombreuses espèces négligées et sous-estimées qui constituent l’épine dorsale des écosystèmes européens et contribuent à la santé de la planète.

Catastrophe sanitaire

Particulièrement touché, le genre Sorbus (sorbiers et alisiers), dont trois quarts des 170 espèces sont menacés. En grand danger aussi, les cèdres, les épicéas, les marronniers, les pins sylvestres ou les sapins de Sicile.

Assoiffées par la sécheresse qui a encore sévi cet été, les forêts françaises sont également la proie des scolytes, des coléoptères qui, alléchés par les arbres asséchés, creusent des galeries sous l’écorce, empêchant la sève de circuler. La forêt française doit faire face à une « catastrophe sanitaire ».

« On est dans une catastrophe sanitaire de grande ampleur. Ça a commencé avec les épicéas, mais on a aussi les sapins qui, un an après, sèchent et on a maintenant du hêtre et même du chêne dépérissant, suite à la chaleur », explique à l’AFP Nicolas Douzain-Didier, délégué général de la Fédération nationale du Bois (FNB).

Principales essences touchées par ce double fléau, le sapin et l’épicéa, essentiellement dans les régions Grand-Est et Bourgogne/Franche-Comté. Plus surprenant, le marronnier commun (Aesculus hippocastanum), qui abonde dans nos villes, est classé « vulnérable ». Originaire de Bulgarie, d’Albanie, de Macédoine et de Grèce continentale, cet arbre y est en effet décimé par la mineuse du marronnier (Cameraria ohridella), petite chenille qui dévore ses feuilles. Originaire des Balkans, cet insecte s’étend en Europe, apporté par les voyages et le commerce mondialisé.

la suite de l’article https://up-magazine.info/index.php/planete/biodiversite/28154-nos-forets-sont-en-danger-dextinction/?utm_source=newsletter-35&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter-35

Communiqué de PRO SILVA

Le Conseil d’Administration de PRO SILVA FRANCE, réuni à Autun le 04 octobre 2019, a souhaité, par rapport à la crise sans précédent que traversent actuellement, au niveau sanitaire, certaines forêts en France et en Europe, rappeler et réaffirmer un certain nombre de points.

Nous sommes pleinement confiants sur l’avenir de la forêt et sur ses capacités à assurer dans un avenir proche et plus lointain, un certain nombre de fonctions : la production de bois de valeur en priorité, mais aussi la protection des sources et du cycle de l’eau, de la biodiversité et des paysages, le stockage du carbone, l’accueil du public….

Sans aucunement nier les évolutions climatiques et tout en appelant tous nos responsables politiques, mais aussi nous tous, chacun à son niveau, à tout entreprendre pour réduire notre impact carbone et aller vers un fonctionnement de société durable, respectueuse de son environnement, il nous semble évident que certaines pratiques forestières ont aussi une grave responsabilité dans la situation dramatique actuelle que traverse la filière forêt/bois.

Loin de nous l’idée de crier victoire, mais force est de constater tout de même que les idées de Pro Silva résistent sans doute un peu mieux aux bouleversements actuels. Nous en rappellerons quelques-unes :

Nous voulons travailler avec des essences adaptées à leur milieu, qu’elles soient autochtones ou exotiques, privilégier le mélange, la diversité, pour une adaptation en continu, en fonction des réactions individuelles et des évolutions du climat. L’essence miracle n’existe pas.

Notre approche de sylviculteur ne peut se faire qu’au niveau des arbres-individus. Certains ont un rôle à jouer (économique ou écologique ou social) et doivent être conservés, préservés et choyés, d’autres n’en ont plus et ils peuvent être prélevés. C’est bien sur le terrain au contact des arbres, en pleine connaissance des dynamiques naturelles que se prennent les décisions de prélèvement, et non dans un bureau ou un document de gestion ou de planification globale. C’est cette approche par l’arbre, qui crée des peuplements mélangés, variés, irréguliers. C’est cette approche par l’arbre qui crée des peuplements stables et résilients, condition incontournable pour une économie performante et sereine.

Toutes les interventions en forêt sont d’abord des perturbations pour les peuplements. Et plus elles sont fortes, plus grave sera l’impact, et plus le peuplement aura de difficultés ou besoin de temps pour restaurer un équilibre plus stable ou moins instable. Il nous semble évident qu’en ajoutant des perturbations à des perturbations, la forêt ne peut qu’afficher un état de faiblesse souvent durable.

Nous percevons bien aussi aujourd’hui l’impasse de l’hyper-mécanisation, qui s’oriente vers des engins toujours plus gros, toujours plus lourds, toujours plus chers jusqu’à en oublier la fragilité de nos sols, le véritable potentiel d’accroissement de nos peuplements, l’importance de préserver le microclimat local qui accompagne et protège chaque arbre. Il n’y a pas de fatalité, c’est bien à nous gestionnaires, propriétaires de fixer le cadre, de nouer avec les intervenants professionnels de véritables relations partenariales, pérennes et durables. Cela peut coûter quelques euros supplémentaires, mais nous restons persuadés que c’est la seule voie pour la meilleure santé de nos peuplements, et cela n’a pas de prix.

Une forêt conduite selon les principes de Pro Silva produit du bois, certainement autant si ce n’est plus que n’importe quelle autre approche sylvicole, tout simplement parce que la croissance est sans cesse stimulée par le mélange, par l’absence d’à-coups, ou de phase brutale de décapitalisation, par les choix orientés en faveur des arbres de meilleure vigueur individuelle et collective. Et évidemment, cette production est de meilleure qualité, et la rentabilité améliorée puisque cette sylviculture et l’automation biologique œuvrent dès les premiers stades de développement.

La régénération sera préférentiellement naturelle quand le peuplement mère est de qualité, et certainement la sélection naturelle renouvelée depuis des millions d’années permettra aux meilleurs de sortir du lot, même dans le contexte d’évolutions climatiques rapides et brutales, comme celles que nous traversons actuellement. Mais loin de nous aussi l’idée de renoncer à planter, d’abord pour pallier une insuffisance de renouvellement, ensuite pour enrichir avec de nouvelles espèces, de nouvelles provenances. Gardons-nous cependant de jouer les apprentis sorciers en tirant des conclusions trop rapides, en adoptant des solutions trop simples, trop générales, trop caricaturales.

Enfin, la forêt à n’en pas douter, est l’un des derniers espaces où la biodiversité peut s’exprimer plus ou moins librement. Il nous revient, non seulement de la prendre en compte, mais aussi de la favoriser, et cela passe par la diversité et la richesse des structures, par le maintien du bois mort, par des espaces de libre évolution…

La santé et la pérennité de nos forêts dépendent aussi de notre volonté à régler enfin le gravissime problème du déséquilibre forêt/gibier qui prévaut depuis trop longtemps maintenant, menaçant en maints endroits l’existence même de la forêt. Nous appelons des mesures fortes et énergiques en ce sens.

Le rôle de Pro Silva n’est pas de faire la leçon, ou de délivrer des solutions passe-partout qui n’existent de toute façon pas. Le rôle de Pro Silva est de nous apprendre à observer, à comprendre et à accompagner les dynamiques naturelles, à prendre les bonnes décisions au bon moment et au bon endroit, à contrôler, qualifier et quantifier les actions menées…

Pro Silva veut éviter la sectorisation de l’espace forestier et l’impasse d’une forêt dédiée uniquement à l’industrie ou à l’opposé, à une mise sous cloche.

La société appelle à la constitution de forêts à la fois productives et belles pour que les objectifs de multifonctionnalité soient pleinement assurés de façon continue et durable.

C’est cette logique, couplée à l’analyse de ses résultats, que Pro Silva promeut et défend, à travers toute l’Europe, depuis maintenant plus de 30 ans.

Pour le Conseil d’Administration,
Evrard de Turckheim, Président.

PRO SILVA FRANCE
www.prosilva.fr

Menaces sur la forêt guyanaise

Alors que l’Amazonie brésilienne s’embrase, la Guyane française projette de miner, brûler et noyer sa forêt primaire avec l’appui des services de l’État, de la Collectivité territoriale et aux bénéfices des incontournables multinationales de l’extractivisme et de l’énergie (par Maiouri Nature Guyane).

Biomasse, la fausse énergie verte

Pendant que l’Amazonie s’embrase, la Guyane Française projette de brûler sa forêt primaire avec les subventions de l’Europe !

La Collectivité Territorial de Guyane (CTG) avec le soutien de l’Etat proposent un grand plan biomasse et agro-carburants (sous couvert de développer les énergies renouvelables) pour atteindre une autonomie énergétique à hauteur de 50% d’ici 2030.

Voir le livre blanc projet pour la Guyane
Extrait : “Le potentiel de développement des agro-carburants (biodiésel et bioéthanol) en Guyane est fortement limité par la réglementation européenne qui exclut la production sur déforestation. L’Etat devra accompagner la CTG dans la levée [de] ces contraintes au travers d’un plan d’action intégrant le REDD++ (réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts).”

Le Président de la République a, pendant sa visite en Guyane en octobre 2017, rappelé son souhait d’accompagner le développement de la filière biomasse en Guyane. Dans cet objectif, il a annoncé réformer les instructions de la CRE et de Bercy afin que les instructions soient traitées de façon rapide.

La CTG est consciente qu’elle ne pourra pas déforester l’Amazonie avec les règles européennes actuelles qui protègent la forêt primaire. Du coup, elle entend plaider pour une exception guyanaise, sous le régime des régions ultra-périphériques (RUP), à l’article 26 la Directive européenne COM (2016)767 : comme elle l’explique de façon très succincte dans cette présentation.

Le président de la CTG a déclaré avoir de son côté le président Emmanuel Macron qui lui aurait promis d’accélérer la procédure.

Ces projets d’implantation de la biomasse doivent venir alimenter trois nouvelles centrales en construction à Mana et St-Georges-de-l’Oyapock et Cacao.

Selon les projections de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la biomasse devraient à terme générer 40 MegaWatt.

Ce grand projet de biomasse nécessite des coupes rases dans la forêt primaire guyanaise et permettre l’implantation de projets couplés avec des installations agricoles.

Extrait Rapport gisement biomasse en Guyane

Les prévisions de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) de réaliser 40 mégawatt de biomasse sont supérieures aux capacités de la Guyane, qui ne peut fournir actuellement les ressources nécessaires pour assurer cette production électrique. On peut donc s’interroger sur l’origine de l’approvisionnement de ces centrales dont l’une est située à la frontière brésilienne ? Le bois sera-t-il extrait des forêts primaires guyanaises ou sera-t-il fourni par une augmentation de la déforestation brésilienne, en contradiction avec les récentes critiques du Président Macron à l’encontre de Jair Bolsonaro ?

Sur le terrain, certains projets industriels voient le jour, alléchés par des effets d’aubaine. Le projet MIA de la société Maillet Forestal, repose sur une demande de bail agricole de 10 700 ha et propose d’alimenter en bois les centrales en biomasse, grâce à la déforestation de la forêt couplée, entre autre, d’un projet de reboisement en Teck de Malaisie. Introduire une espèce étrangère alors que le pays possède 1700 espèces d’arbres est une aberration écologique. D’autant plus que la monoculture intensive d’arbres à des fins énergétiques à un impact dévastateur (rendement dérisoire, consommation d’eau, intrant de pesticides…).

Pour les associations, le projet a tout d’une opération de greenwashing, une « usine à gaz » destinée à absorber de l’argent européen du FEDER.

Les déclarations du président Emmanuel Macron dénonçant les incendies au Brésil tombent à point nommé, reste qu’en Guyane française, le gouvernement est en train d’organiser une déforestation massive au service des industriels de la biomasse et des mines industrielles.

Références :

Biomasse industrielle et monoculture intensive d’arbres :
https://sites.google.com/site/maiourinature/biomasse_destruction_massive_biodiversite