Catégorie : La forêt dans le monde

À LA TÉLÉ – Une semaine consacrée aux forêts

Du dimanche 12 au samedi 25 janvier 2020, Arte propose une programmation spéciale, « Winter of Forests ». Documentaires, films et magazines s’intéressent aux multiples légendes sylvestres et laissent la parole aux habitants de ces espaces essentiels pour la survie de notre planète.

Du dimanche 12 au samedi 25 janvier 2020

Sur Arte

En janvier 2020, ARTE sillonne pendant deux semaines les forêts du monde entier. Documentaires, films et magazines s’intéressent aux multiples légendes sylvestres et laissent la parole aux habitants de ces espaces essentiels pour la survie de notre planète. Poumons de la terre, sources de légendes et refuges pour citadins stressés, depuis 350 millions d’années, les forêts jouent un rôle central dans l’histoire de l’humanité, tout en protégeant la biodiversité. Malgré leur exploitation intensive, un soupçon de légende plane aujourd’hui encore au-dessus de ces zones menacées par le changement climatique.

Au programme :

Du cinéma :
avec notamment Le Village avec Joaquin Phoenix, Gorilles dans la brume avec Sigourney Weaver, la comédie noire The Lobster, Tableau de chasse d’après le roman d’Olga Tokarczuk (Prix Nobel de littérature 2018) et Le nouveau monde de Terrence Malick dans le cadre d’une soirée dédiée au personnage historique de Pocahontas.

Et aussi des programmes documentaires et de fiction inédits :

Du 13 au 17 janvier à 17h45 : la série documentaire Sauvons nos forêts

Les 14, 15 et 16 janvier à 13h : 3 reportages inédits d’ARTE Regards

Le 15 janvier :
– à 22h25 : le documentaire Et l’homme créa la chasse
– à minuit : le film Bientôt les jours heureux

Le 17 janvier  :
– à 21h : la fiction À deux sous les étoiles
– à 23h35 : une édition spéciale de Tracks : Very Green Trip

Le 18 janvier  :
– à 15h30 : le documentaire Papouasie-Nouvelle-Guinée : Jim & Jean au secours du Kangourou Arboricole
– à 20h50 : le documentaire Le murmure de la forêt – Quand les arbres parlent
– à 22h20 : le documentaire Les forêts du Grand Nord

Le 20 janvier à 23h : le film Tableau de chasse

Le 22 janvier à 0h15 : le film Coeur de pierre

Le 25 janvier :
– à 17h05 : le documentaire Les mythes de la forêt de Teutobourg
– à 22h20 : le documentaire Aurores boréales – Des lumières fascinantes mais menaçantes
– à 23h45 : une édition spéciale de Square Idée : La forêt part en fumée

La programmation spéciale Winter of Forests est présentée par Yann Arthus-Bertrand. Connu notamment pour ses spectaculaires clichés en prise de vue aérienne (La Terre vue du ciel), le photographe français est également un fervent protecteur de l’environnement et le créateur de la fondation GoodPlanet.

Une pluie de glyphosate sur la forêt acadienne

Des dizaines de milliers de kilogrammes de glyphosate, le principal ingrédient du Roundup soupçonné d’être un cancérigène probable, sont pulvérisés chaque année sur la forêt riche et diversifiée du Nouveau-Brunswick. Ceux qui s’opposent à cette pratique de l’industrie forestière en paient parfois le prix, selon des informations de l’émission Enquête.

Une plantation de conifères au Nouveau-Brunswick

Photo : Radio-Canada

La vue est saisissante. 

Le long de la route 180 qui traverse le comté de Restigouche, au nord du Nouveau-Brunswick, se dresse la silhouette parfaitement régulière des plantations de conifères. 

La recette du succès? La pulvérisation d’un phytocide à base de glyphosate, utilisé largement sur les plantations de pin et d’épinette, une précieuse ressource pour l’industrie qui constitue un des piliers de l’économie de la province.

Le phytocide, dont l’ingrédient actif est le même que celui du Roundup, empêche la repousse des espèces feuillues de la forêt acadienne, qui tentent vigoureusement de reprendre leurs droits sur les terres coupées à blanc.

Au Nouveau-Brunswick, l’industrie forestière effectue principalement des coupes à blanc sur les terres publiques.

Photo : Radio-Canada / Gil Shochat

Et c’est là un autre motif de discorde : 80 % de la récolte forestière sur les terres publiques du Nouveau-Brunswick est faite par coupe à blanc.

« Le but d’une industrie, c’est de faire des profits et on sent que c’est peut-être à n’importe quel prix », souligne Francine Lévesque, membre du groupe Écovie. Elle vit à Kedgwick, au confluent de la rivière Restigouche, une des plus belles rivières à saumon du monde. La région a été l’une des plus arrosées de 2013 à 2017, selon le Conseil de conservation du Nouveau-Brunswick.

L’article complet :

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1398264/glyphosate-foret-nouveau-brunswick

Carte blanche: «Quels arbres pour la forêt de demain?»

17 scientifiques et académiques de la Fédération Wallonie – Bruxelles cosignent cette carte blanche pour alerter sur les risques de destruction de l’écosystème des forêts wallonnes par l’introduction massive d’espèces végétales exotiques.

Changements climatiques, émergence de nouveaux pathogènes, insectes ravageurs, dépérissement progressif : la forêt wallonne est indubitablement en crise. Face à ce constat inquiétant, une solution souvent présentée aux gestionnaires forestiers consiste à introduire en forêt de nouvelles espèces d’arbres originaires d’autres continents et mieux adaptées au climat chaud qui nous attend. Il s’agirait de « ré-enrichir » la forêt européenne, qui serait trop pauvre pour surmonter cette crise.

Nous pensons que cette solution ne doit pas être un axe prioritaire de l’adaptation des forêts aux changements globaux car chaque introduction d’espèce exotique présente des risques sanitaires, d’invasion et de dérèglement de l’écosystème.

Lire aussi Grand format – En Wallonie, la forêt de demain est testée en grandeur nature

Préserver les facteurs de stabilité

En effet, une forêt n’est pas une simple juxtaposition d’arbres. Son bon fonctionnement, notamment sa capacité à réagir aux maladies, ravageurs et aléas climatiques, dépend de la diversité des interactions qui existent au sein de l’écosystème. Chaque espèce d’arbre possède son cortège d’espèces associées, parfois très spécialisées (micro-organismes, champignons, lichens, insectes, oiseaux, etc.), qui interagissent pour assurer une certaine stabilité aux forêts. Pour continuer à jouer son rôle dans la résilience des forêts, cette diversité d’espèces et d’interactions, qui s’est formée pendant des millénaires au sein de l’écosystème, doit être préservée avec prudence par les gestionnaires forestiers.

l’article complet :

Un garde forestier assassiné en Roumanie

Article de Reporterre :

Un garde forestier de la région du Maramures, en Roumanie, a été tué mercredi 16 octobre 2019 probablement par des voleurs de bois, rapporte la BBC. En un mois, c’est le deuxième assassinat. En septembre dernier, un autre garde forestier, près de Pascani, dans le nord-est du pays, avait été retrouvé mort dans sa voiture, à proximité d’une coupe illégale de bois.

Depuis le début de l’année 2019, seize cas d’agression ont été recensés contre des employés de Romsilva — la société nationale de gestion des forêts en Roumanie. La situation se tend alors que le vol de bois augmente et envahit le marché européen pour fournir du bois énergie et de l’aggloméré. La branche roumaine de Greenpeace estime que le pays perd trois hectares de forêt par heure en raison de l’abattage légal et illégal d’arbres, y compris dans ses forêts anciennes.

En septembre 2019, trois ONG ont déposé plainte auprès de la Commission européenne contre le gouvernement roumain, alléguant que ses pratiques d’exploitation forestière contrevenaient à la législation de l’Union européenne sur la protection de la nature, et que ses efforts étaient insuffisants pour lutter contre l’exploitation forestière illégale. Ces dernières années, six gardes forestiers ont été assassinés en Roumanie, rappelle la BBC.

Signez la pétition :

https://act.wemove.eu/campaigns/garde-forestier-roumain-justice-pour-liviu-pop

Nos forêts sont en danger d’extinction

Nous nous y promenons, nous l’admirons et nous en émerveillons ; nous l’exploitons aussi, comme si elle était là pour toujours. Eh bien non. La forêt européenne en général et la forêt française en particulier, sont menacées d’extinction. Sécheresse aggravée par le réchauffement climatique, apparition de parasites fortifiés par la chaleur, conséquences d’une gestion productiviste insouciante du bois, plus de la moitié de nos forêts est en grand danger et risque de disparaître. Ce constat inattendu est dressé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) qui vient d’inscrire nos grands arbres dans sa « liste rouge » des espèces gravement menacées. 

Formidables géants. Les milliers d’arbres qui composent une forêt forment une communauté d’organismes à nulle autre pareille. Ils sont capables de se nourrir, de respirer, de s’affronter ou de collaborer ; ils communiquent dans un langage inaudible pour nous, humains. Chaque arbre, du plus fragile au chêne multicentenaire, forme un monde abritant animaux, lichens, mousses, champignons, bactéries, à profusion.

Éternels géants

Certains de ces anciens indigènes existaient déjà ici avant la dernière période glaciaire. Les premières communautés forestières sont apparues il y a 360 millions d’années, une époque ou les mammifères et l’homme étaient à peine ébauchés. Les arbres, dès leur apparition, ont façonné en alchimistes accomplis notre planète et notre atmosphère. « Ils ont transformé l’invisible en visible » écrit Francis Martin, transformant le soleil en sucres et combustibles organiques indispensables à toute vie sur Terre. Sans eux, pas d’oxygène, ce cadeau qu’ils offrent à la vie en faisant tourner leurs usines à photosynthèse.

Ces arbres autour de nous paraissent éternels et certains comme les séquoias géants de Yosemite Park sont millénaires. Et pourtant, ils sont fragiles. Ce ne sont pas, comme certains le croient, des objets inertes, réduits au bois qui les fait. Ce sont des organismes vivants dont nous sommes loin de connaître la complexité. Êtres vivants, ils sont sensibles et peuvent mourir.

L’homme contemporain a déclenché, par ses activités, la sixième extinction de masse. Nous croyions jusqu’à présent qu’elle ne touchait que les reptiles, les mammifères, oiseaux, abeilles et papillons. Mais comme si cette liste sinistre n’était pas suffisante, viennent de s’y rajouter, les forêts, les arbres. Les forêts d’Europe sont plus menacées d’extinction que toutes ces espèces animales réunies.

Sur la liste rouge des menaces

En fait, les arbres sont l’un des groupes les plus menacés jamais évalués pour la Liste rouge européenne de l’UICN. Le risque d’extinction pour ce groupe d’espèces n’est dépassé que par les mollusques d’eau douce et les plantes à feuilles. Le pire, c’est qu’on vient juste de le remarquer !

Dans un effort pour étudier certaines des espèces les plus négligées du monde, la Liste rouge des arbres de l’UICN, publiée en septembre dernier, rend visible l’ampleur de notre destruction sans équivoque.

En évaluant les 454 espèces d’arbres propres au continent européen, les analystes ont constaté que 42 pour cent des espèces étaient menacées d’extinction à l’échelle régionale. Pour les arbres endémiques, qui n’existent qu’en Europe, plus de la moitié d’entre eux (58 %) étaient très menacés d’extinction, tandis que 15 pour cent étaient considérés comme gravement menacés – un pas de plus vers l’extinction.

Même parmi les arbres qui allaient bien, une douzaine d’espèces étaient sur le point d’être elles-mêmes menacées, et les auteurs de l’étude admettent que 13 pour cent n’avaient pas suffisamment de données pour leur attribuer un état de conservation.

« L’impact des activités menées par l’homme entraîne un déclin des populations et un risque accru d’extinction d’espèces importantes en Europe », déclare Luc Bas, directeur du Bureau européen de l’UICN. Ce rapport montre à quel point la situation est désastreuse pour de nombreuses espèces négligées et sous-estimées qui constituent l’épine dorsale des écosystèmes européens et contribuent à la santé de la planète.

Catastrophe sanitaire

Particulièrement touché, le genre Sorbus (sorbiers et alisiers), dont trois quarts des 170 espèces sont menacés. En grand danger aussi, les cèdres, les épicéas, les marronniers, les pins sylvestres ou les sapins de Sicile.

Assoiffées par la sécheresse qui a encore sévi cet été, les forêts françaises sont également la proie des scolytes, des coléoptères qui, alléchés par les arbres asséchés, creusent des galeries sous l’écorce, empêchant la sève de circuler. La forêt française doit faire face à une « catastrophe sanitaire ».

« On est dans une catastrophe sanitaire de grande ampleur. Ça a commencé avec les épicéas, mais on a aussi les sapins qui, un an après, sèchent et on a maintenant du hêtre et même du chêne dépérissant, suite à la chaleur », explique à l’AFP Nicolas Douzain-Didier, délégué général de la Fédération nationale du Bois (FNB).

Principales essences touchées par ce double fléau, le sapin et l’épicéa, essentiellement dans les régions Grand-Est et Bourgogne/Franche-Comté. Plus surprenant, le marronnier commun (Aesculus hippocastanum), qui abonde dans nos villes, est classé « vulnérable ». Originaire de Bulgarie, d’Albanie, de Macédoine et de Grèce continentale, cet arbre y est en effet décimé par la mineuse du marronnier (Cameraria ohridella), petite chenille qui dévore ses feuilles. Originaire des Balkans, cet insecte s’étend en Europe, apporté par les voyages et le commerce mondialisé.

la suite de l’article https://up-magazine.info/index.php/planete/biodiversite/28154-nos-forets-sont-en-danger-dextinction/?utm_source=newsletter-35&utm_medium=email&utm_campaign=newsletter-35

Communiqué de PRO SILVA

Le Conseil d’Administration de PRO SILVA FRANCE, réuni à Autun le 04 octobre 2019, a souhaité, par rapport à la crise sans précédent que traversent actuellement, au niveau sanitaire, certaines forêts en France et en Europe, rappeler et réaffirmer un certain nombre de points.

Nous sommes pleinement confiants sur l’avenir de la forêt et sur ses capacités à assurer dans un avenir proche et plus lointain, un certain nombre de fonctions : la production de bois de valeur en priorité, mais aussi la protection des sources et du cycle de l’eau, de la biodiversité et des paysages, le stockage du carbone, l’accueil du public….

Sans aucunement nier les évolutions climatiques et tout en appelant tous nos responsables politiques, mais aussi nous tous, chacun à son niveau, à tout entreprendre pour réduire notre impact carbone et aller vers un fonctionnement de société durable, respectueuse de son environnement, il nous semble évident que certaines pratiques forestières ont aussi une grave responsabilité dans la situation dramatique actuelle que traverse la filière forêt/bois.

Loin de nous l’idée de crier victoire, mais force est de constater tout de même que les idées de Pro Silva résistent sans doute un peu mieux aux bouleversements actuels. Nous en rappellerons quelques-unes :

Nous voulons travailler avec des essences adaptées à leur milieu, qu’elles soient autochtones ou exotiques, privilégier le mélange, la diversité, pour une adaptation en continu, en fonction des réactions individuelles et des évolutions du climat. L’essence miracle n’existe pas.

Notre approche de sylviculteur ne peut se faire qu’au niveau des arbres-individus. Certains ont un rôle à jouer (économique ou écologique ou social) et doivent être conservés, préservés et choyés, d’autres n’en ont plus et ils peuvent être prélevés. C’est bien sur le terrain au contact des arbres, en pleine connaissance des dynamiques naturelles que se prennent les décisions de prélèvement, et non dans un bureau ou un document de gestion ou de planification globale. C’est cette approche par l’arbre, qui crée des peuplements mélangés, variés, irréguliers. C’est cette approche par l’arbre qui crée des peuplements stables et résilients, condition incontournable pour une économie performante et sereine.

Toutes les interventions en forêt sont d’abord des perturbations pour les peuplements. Et plus elles sont fortes, plus grave sera l’impact, et plus le peuplement aura de difficultés ou besoin de temps pour restaurer un équilibre plus stable ou moins instable. Il nous semble évident qu’en ajoutant des perturbations à des perturbations, la forêt ne peut qu’afficher un état de faiblesse souvent durable.

Nous percevons bien aussi aujourd’hui l’impasse de l’hyper-mécanisation, qui s’oriente vers des engins toujours plus gros, toujours plus lourds, toujours plus chers jusqu’à en oublier la fragilité de nos sols, le véritable potentiel d’accroissement de nos peuplements, l’importance de préserver le microclimat local qui accompagne et protège chaque arbre. Il n’y a pas de fatalité, c’est bien à nous gestionnaires, propriétaires de fixer le cadre, de nouer avec les intervenants professionnels de véritables relations partenariales, pérennes et durables. Cela peut coûter quelques euros supplémentaires, mais nous restons persuadés que c’est la seule voie pour la meilleure santé de nos peuplements, et cela n’a pas de prix.

Une forêt conduite selon les principes de Pro Silva produit du bois, certainement autant si ce n’est plus que n’importe quelle autre approche sylvicole, tout simplement parce que la croissance est sans cesse stimulée par le mélange, par l’absence d’à-coups, ou de phase brutale de décapitalisation, par les choix orientés en faveur des arbres de meilleure vigueur individuelle et collective. Et évidemment, cette production est de meilleure qualité, et la rentabilité améliorée puisque cette sylviculture et l’automation biologique œuvrent dès les premiers stades de développement.

La régénération sera préférentiellement naturelle quand le peuplement mère est de qualité, et certainement la sélection naturelle renouvelée depuis des millions d’années permettra aux meilleurs de sortir du lot, même dans le contexte d’évolutions climatiques rapides et brutales, comme celles que nous traversons actuellement. Mais loin de nous aussi l’idée de renoncer à planter, d’abord pour pallier une insuffisance de renouvellement, ensuite pour enrichir avec de nouvelles espèces, de nouvelles provenances. Gardons-nous cependant de jouer les apprentis sorciers en tirant des conclusions trop rapides, en adoptant des solutions trop simples, trop générales, trop caricaturales.

Enfin, la forêt à n’en pas douter, est l’un des derniers espaces où la biodiversité peut s’exprimer plus ou moins librement. Il nous revient, non seulement de la prendre en compte, mais aussi de la favoriser, et cela passe par la diversité et la richesse des structures, par le maintien du bois mort, par des espaces de libre évolution…

La santé et la pérennité de nos forêts dépendent aussi de notre volonté à régler enfin le gravissime problème du déséquilibre forêt/gibier qui prévaut depuis trop longtemps maintenant, menaçant en maints endroits l’existence même de la forêt. Nous appelons des mesures fortes et énergiques en ce sens.

Le rôle de Pro Silva n’est pas de faire la leçon, ou de délivrer des solutions passe-partout qui n’existent de toute façon pas. Le rôle de Pro Silva est de nous apprendre à observer, à comprendre et à accompagner les dynamiques naturelles, à prendre les bonnes décisions au bon moment et au bon endroit, à contrôler, qualifier et quantifier les actions menées…

Pro Silva veut éviter la sectorisation de l’espace forestier et l’impasse d’une forêt dédiée uniquement à l’industrie ou à l’opposé, à une mise sous cloche.

La société appelle à la constitution de forêts à la fois productives et belles pour que les objectifs de multifonctionnalité soient pleinement assurés de façon continue et durable.

C’est cette logique, couplée à l’analyse de ses résultats, que Pro Silva promeut et défend, à travers toute l’Europe, depuis maintenant plus de 30 ans.

Pour le Conseil d’Administration,
Evrard de Turckheim, Président.

PRO SILVA FRANCE
www.prosilva.fr

Les forêts tropicales sont-elles toujours des puits de carbone ?

De nouvelles analyses inédites sur la capacité des forêts tropicales à stocker du carbone montrent que celles-ci, malmenées par la déforestation et le climat, ne ne sont plus des puits de carbone et pourraient même bientôt devenir des émetteurs de carbone, augmentant encore la réchauffement climatique planétaire.

Des chercheurs de l’Inra, du CEA, du CNRS et du CNES en collaboration avec l’Université de Copenhague, de Nanjing, et de nombreux instituts de recherche internationaux sont parvenus à quantifier – au cours de la période 2010-2017 – l’évolution des stocks de carbone dans la biomasse végétale aérienne au niveau de la zone tropicale (Amérique, Afrique, Asie).

Résultat majeur et inédit : sur la période étudiée, la séquestration de carbone de la biomasse aérienne dans les régions tropicales est maintenant compensée par les pertes liées à la déforestation ou au dépérissement liés à l’impact du climat (notamment du fait d’épisodes El Niño).
Autrement dit, ces régions tropicales, autrefois puits de carbone deviennent globalement neutres et pourraient même devenir une source de carbone atmosphérique dans un proche avenir, accélérant ainsi le réchauffement global.

Comment les stocks de carbone changent-ils dans la biomasse de la végétation à l’échelle de la planète ? Quels facteurs expliquent ces changements ? Ce sont des questions centrales pour les sciences du climat et pour l’application des accords internationaux pour le climat.

Les travaux publiés fin juillet 2019 montrent la forte corrélation entre les variations des stocks de carbone de la biomasse aérienne et les variations de la concentration atmosphérique en CO2 de l’atmosphère, confirmant le rôle central de la biomasse végétale des écosystèmes tropicaux dans le cycle du carbone à l’échelle planétaire.

Le résultat majeur à retenir est la quasi-neutralité des forêts des tropiques dans le bilan de carbone, compte tenu de la déforestation, documentée pour la première fois avec des données d’observations directes et quantitatives de la biomasse aérienne.

l’article complet ici : https://www.notre-planete.info/actualites/3074-puits-carbone-forets-tropicales

Propriétaires terriens, industriels, ministre corrompu : qui sont les pyromanes de l’Amazonie brésilienne ?

Plusieurs incendies qui consument une partie de l’Amazonie ont été revendiqués par de gros propriétaires terriens brésiliens, en soutien à Bolsonaro et à leur « droit » à détruire la forêt. Une situation facilitée par les attaques contre les défenseurs de l’environnement, encouragées depuis la prise de pouvoir du dirigeant d’extrême-droite. Mais aussi par les clients achetant viandes et soja brésilien, dont la France. Décryptage.

Ils se sont coordonnés sur l’application Whatsapp pour mettre le feu à la forêt amazonienne. Dans l’État brésilien du Pará, 70 « fazendeiros » – des propriétaires terriens –, et des « grileiros » – des personnes spécialisées dans la falsification de titres de propriété pour s’accaparer illégalement des terres –, ont organisé, le 10 août, un « dia de fogo », un jour de feu. Ces incendies criminels ont été provoqués tout le long de la route BR 163, qui traverse cette partie de l’Amazonie, reliant les grands élevages et plantations plus au sud aux ports de matières premières situés sur les affluents de l’Amazone.

« Un énorme incendie a démarré autour d’une zone de forêt primaire. Le feu a été stratégiquement déclenché près de la forêt, pour que le vent pousse les flammes », décrivent les journalistes du site brésilien Globo Rural, qui ont révélé l’information. L’objectif des fazendeiros : manifester leur soutien au président brésilien Jair Bolsonaro – qui prône l’ouverture de larges zones de l’Amazonie à l’industrie minière ou à l’agrobusiness – et obtenir l’annulation de leurs amendes pour déforestation illégale.

l’article complet ici : https://www.bastamag.net/Amazonie-incendies-deforestation-Bolsonaro-soja-boeufs-fazendeiros-corruption-peuples-autochtones

Menaces sur la forêt guyanaise

Alors que l’Amazonie brésilienne s’embrase, la Guyane française projette de miner, brûler et noyer sa forêt primaire avec l’appui des services de l’État, de la Collectivité territoriale et aux bénéfices des incontournables multinationales de l’extractivisme et de l’énergie (par Maiouri Nature Guyane).

Biomasse, la fausse énergie verte

Pendant que l’Amazonie s’embrase, la Guyane Française projette de brûler sa forêt primaire avec les subventions de l’Europe !

La Collectivité Territorial de Guyane (CTG) avec le soutien de l’Etat proposent un grand plan biomasse et agro-carburants (sous couvert de développer les énergies renouvelables) pour atteindre une autonomie énergétique à hauteur de 50% d’ici 2030.

Voir le livre blanc projet pour la Guyane
Extrait : “Le potentiel de développement des agro-carburants (biodiésel et bioéthanol) en Guyane est fortement limité par la réglementation européenne qui exclut la production sur déforestation. L’Etat devra accompagner la CTG dans la levée [de] ces contraintes au travers d’un plan d’action intégrant le REDD++ (réduction des émissions résultant du déboisement et de la dégradation des forêts).”

Le Président de la République a, pendant sa visite en Guyane en octobre 2017, rappelé son souhait d’accompagner le développement de la filière biomasse en Guyane. Dans cet objectif, il a annoncé réformer les instructions de la CRE et de Bercy afin que les instructions soient traitées de façon rapide.

La CTG est consciente qu’elle ne pourra pas déforester l’Amazonie avec les règles européennes actuelles qui protègent la forêt primaire. Du coup, elle entend plaider pour une exception guyanaise, sous le régime des régions ultra-périphériques (RUP), à l’article 26 la Directive européenne COM (2016)767 : comme elle l’explique de façon très succincte dans cette présentation.

Le président de la CTG a déclaré avoir de son côté le président Emmanuel Macron qui lui aurait promis d’accélérer la procédure.

Ces projets d’implantation de la biomasse doivent venir alimenter trois nouvelles centrales en construction à Mana et St-Georges-de-l’Oyapock et Cacao.

Selon les projections de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la biomasse devraient à terme générer 40 MegaWatt.

Ce grand projet de biomasse nécessite des coupes rases dans la forêt primaire guyanaise et permettre l’implantation de projets couplés avec des installations agricoles.

Extrait Rapport gisement biomasse en Guyane

Les prévisions de la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) de réaliser 40 mégawatt de biomasse sont supérieures aux capacités de la Guyane, qui ne peut fournir actuellement les ressources nécessaires pour assurer cette production électrique. On peut donc s’interroger sur l’origine de l’approvisionnement de ces centrales dont l’une est située à la frontière brésilienne ? Le bois sera-t-il extrait des forêts primaires guyanaises ou sera-t-il fourni par une augmentation de la déforestation brésilienne, en contradiction avec les récentes critiques du Président Macron à l’encontre de Jair Bolsonaro ?

Sur le terrain, certains projets industriels voient le jour, alléchés par des effets d’aubaine. Le projet MIA de la société Maillet Forestal, repose sur une demande de bail agricole de 10 700 ha et propose d’alimenter en bois les centrales en biomasse, grâce à la déforestation de la forêt couplée, entre autre, d’un projet de reboisement en Teck de Malaisie. Introduire une espèce étrangère alors que le pays possède 1700 espèces d’arbres est une aberration écologique. D’autant plus que la monoculture intensive d’arbres à des fins énergétiques à un impact dévastateur (rendement dérisoire, consommation d’eau, intrant de pesticides…).

Pour les associations, le projet a tout d’une opération de greenwashing, une « usine à gaz » destinée à absorber de l’argent européen du FEDER.

Les déclarations du président Emmanuel Macron dénonçant les incendies au Brésil tombent à point nommé, reste qu’en Guyane française, le gouvernement est en train d’organiser une déforestation massive au service des industriels de la biomasse et des mines industrielles.

Références :

Biomasse industrielle et monoculture intensive d’arbres :
https://sites.google.com/site/maiourinature/biomasse_destruction_massive_biodiversite

Pourquoi planter des arbres aveuglément ne nous sauvera pas du crash climatique.

Au vu de la gravité grandissante de la crise climatique, le 5ème rapport du GIEC enjoint les États à prendre les mesures d’urgence nécessaires afin de demeurer en-dessous de 1,5°C de réchauffement planétaire par rapport à l’ère préindustrielle. Une étude récente soumet à présent une reforestation massive comme la solution ultime – jugée toutefois simpliste et irréfléchie par d’autres scientifiques – pour pallier les méfaits de l’utilisation de combustibles fossiles. En réponse, de nombreux pays ont d’ores et déjà entamé des programmes de reforestation. Planter des arbres pour « sauver le monde » est rapidement devenu la solution à la mode et il faut avouer qu’elle est assez séduisante. Mais ces projets peuvent-ils réellement être efficaces pour endiguer le changement climatique anthropique ? Le point sans concession.

L’article complet ici