La France est très fière, et à juste titre, de son patrimoine forestier, qui la place au quatrième rang des pays européens par sa superficie forestière, derrière la Suède, la Finlande et l’Espagne. Mais qu’en est-il de l’avenir de cette forêt dans le cadre de l’actuelle politique européenne en faveur de l’augmentation de la productivité, déclinée en France par le Plan d’Action Interministériel Forêt-Bois du 16 novembre 2018 ?

Partons d’un exemple régional, celui du Morvan, connu pour l’importance qu’y revêt la forêt, non seulement en termes de surface mais aussi en termes d’enjeux socio-économiques (Jouffroy-Bapicot, 2010), pour élargir ensuite le débat. Le Schéma Régional de Cohérence Écologique (SRCE) de la Région Bourgogne a fait l’objet d’un arrêté préfectoral en date du 6 mai 2015. Il fait le point sur les attentes de la région en matière de développement économique et préconise un certain nombre d’actions en faveur de la biodiversité, mais n’a pas un caractère contraignant.

La forêt morvandelle, qui couvre aujourd’hui la moitié de la superficie du Morvan, a subi depuis plusieurs siècles des mutations de très grande envergure, selon les aléas des besoins, en général totalement extérieurs à sa propre économie en raison de la très faible densité de population (15 habitants au km2). Les forêts du Morvan sont restées jusqu’à une époque très récente un produit que l’on pourrait qualifier de « colonial », essentiellement au profit de sociétés ou de particuliers n’habitant pas la région. D’où une certaine anarchie dans les objectifs économiques et bien entendu les pratiques qui leur sont liées, en raison d’une vision à très court-terme qui peut sembler un comble en matière de sylviculture et se retrouve aux antipodes du développement durable. Plantations de conifères (ou « résineux ») de même âge et taille, dites « équiennes », avec les coupes rases –c.-à-d. l’abattage de la totalité des arbres d’une parcelle- qui leur sont associées, cultures de sapins de Noël gourmandes de pesticides (cf. Fig.2 ci-dessous), forment aujourd’hui une part essentielle du paysage morvandeau.

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